Ozias Leduc en Mauricie fait peau neuve

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L’église Notre-Dame-de-la-Présentation, qui abrite l’œuvre d’un des plus grands peintres québécois, Ozias Leduc, fait peau neuve. Cette église, tout comme l’organisme, cherchent aujourd’hui à attirer des non-publics (nouveaux publics) avec une programmation actualisée.

L’organisme a donc réfléchi à son identité, de même que celle du lieu. C’est alors que le Comité de protection des œuvres d’Ozias Leduc de l’église Notre-Dame-de-la-Présentation… devient tout simplement, Ozias Leduc en Mauricie.

«On ne fréquente pas un comité, mais un lieu», soutien Olivier Champagne-Poirier, membre d’Ozias Leduc en Maurice et dont le projet de recherche doctorale Non-publics de la culture | Six institutions culturelles de la Mauricie à l’étude contribue à présenter sous un nouveau jour, l’œuvre du peintre. «Il y a eu un gros ménage identitaire. Des constats ont été faits sur le cumul des deux fonctions du lieu. Cela menait à une certaine confusion. C’est ce qui a provoqué le changement de nom».

Ozias Leduc en Mauricie est aujourd’hui chapeauté par Culture Shawinigan.

Ozias Leduc, un artiste important

«On voit souvent Ozias Leduc sous l’angle de ses peintures. Mais c’est aussi un écrivain, un poète, un artiste multidisciplinaire qui a fait plusieurs grandes contributions», raconte M. Champagne-Poirier. Et son œuvre à l’église Notre-Dame-de-la-Présentation est d’autant plus importante, qu’elle sera en fait le dernier arrêt du peintre Ozias Leduc. L’artiste consacre à ce projet les dernières années de sa vie. Il entreprend ce chantier en 1942 à l’âge respectable de 77 ans. Il nous quittera 13 ans plus tard, plus d’un an avant la fin des travaux écrit l’organisme Ozias Leduc en Mauricie. Son assistante prendra la relève.

L’identité visuelle de l’organisme Ozias Leduc en Mauricie est revue de fond en combleen 2018, tout comme ses stratégies de médiation culturelles. Des travaux de restauration sont lancés à l’intérieur comme à l’extérieur de cette église-galerie, afin de mettre en valeur à la fois, le lieu et l’œuvre d’Ozias Leduc. Des centaines de milliers de dollars seront investis. L’éclairage a été changé, «il a fallu travailler à contrôler l’humidité, refaire la toiture, la maçonnerie, et restaurer certains plâtres. La visite classique a été révisée pour convenir à son époque».

Un important virage numérique est effectué: réalité augmentée, audioguides, projections cinéma et architecturales, activités de son et lumière font aujourd’hui partie de l’offre d’Ozias Leduc en Mauricie. L’idée fonctionne. «D’un point de vue touristique, on a vu une importante hausse de la demande de groupes de touristes provenant de la France et de Montréal», nous dit M. Champagne-Poirier.

Ozias Leduc aura décoré plus d’une trentaine d’églises du Québec, des Maritimes et de la Nouvelle-Angleterre. «Il vient faire le pont entre l’histoire et la religion». Les visites permettent aux non-publics de mieux comprendre l’histoire de la région et l’impact que ce peintre a eu sur d’autres grands artistes du Québec.

«Et la symbolique le rôle du divin dans le quotidien, son rapport à la source de la création. Le thème des fonderies, des bâtisseurs en Mauricie. C’est aussi s’imprégner du contexte dans lequel ces créations ont été réalisées», explique M. Champagne-Poirier.

Les non-publics

Le concept des non-publics «émerge en France à la fin des années 1960. Il est formulé par un homme de théâtre, Francis Jeanson». Ce dernier l’emploie pour critiquer des mesures de démocratisation culturelles proposées en France. Il restera peu utilisé pendant plusieurs décennies. Puis, des chercheurs se le ré-approprient au début des années 2000 pour désigner des individus qui ne fréquentent pas des organismes culturels, nous apprend M. Champagne-Poirier.

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud