Pénurie de pharmaciens au CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec

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L’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec (A.P.E.S.) affirme que les établissements du CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec vivent avec une pénurie chronique de pharmaciens.

L’association sonne l’alarme et demande au gouvernement d’intervenir dans les plus brefs délais.

L’Enquête annuelle de l’Association des pharmaciens des établissements de santé du Québec révèle que 18 postes à temps complet sont demeurés non comblés dans le CIUSSS de la Mauricie-et-du-Centre-du-Québec sur les 92 postes disponibles. On parle de 19 % des effectifs.

Cette même pénurie est aussi constatée à l’échelle provinciale. Il manquerait pas moins de 286 pharmaciens.

Selon l’A.P.E.S., la pénurie de pharmaciens d’établissements nuit à la couverture de soins offerte aux patients hospitalisés, ambulatoires et hébergés en CHSLD.

«Elle a pour effet d’augmenter les risques d’incidents médicamenteux, d’allonger la durée moyenne des hospitalisations, des retours à l’urgence et des réhospitalisations et nuit à la qualité de vie des patients », précise François Paradis, président de l’A.P.E.S.

« Il ne s’agit pas de phénomènes marginaux ». Il faut bien comprendre le travail que font les pharmaciens, dit-il. « Ils supervisent d’une part, la préparation et la distribution des médicaments au moment opportun et de façon sécuritaire. Mais ils sont aussi proches des unités de soins pour revoir la thérapie médicamenteuse des patients, à la recherche d’interactions et d’effets indésirables. Le pharmacien va essayer parfois de déprescrire les posologies médicamenteuses », explique François Paradis.

Nul doute que ce cri du cœur est intimement lié aux négociations qui achoppent entre les pharmaciens d’établissements et le gouvernement du Québec. Ces derniers sont depuis le 31 mars 2020 privés d’une entente de travail.

L’écart salarial qui s’était creusé depuis quinze ans entre les pharmaciens du secteur public et privé s’est presque résorbé avec un taux horaire avoisinant les 52 $ l’heure, mais à la faveur de mesures temporaires qui s’éternisent.

«En Mauricie/Centre-du Québec, 20 % de la rémunération des pharmaciens d’établissements repose depuis presque dix ans sur ces mesures dites temporaires et elles ont été remises en question par trois fois au cours de la dernière année, souligne François Paradis. Il est temps de mettre fin à l’incertitude entourant les conditions des pharmaciens d’établissements. On est prêts à s’asseoir avec le gouvernement pour favoriser le recrutement de jeunes pharmaciens dans le réseau de la santé.»

Au moment d’écrire ces lignes, une réaction du ministère de la Santé et des services sociaux du Québec est toujours attendue.

Cette négociation « est une occasion à saisir pour accroître la capacité du réseau d’intéresser la relève à la pratique en milieux hospitaliers et de soins de longue durée », écrit l’A.P.E.S.

« Dans les dix dernières années, on a diplômé en moyenne 62 pharmaciens par année du programme de maîtrise en pharmacothérapie avancée, qui prépare à la pratique en milieu hospitalier. Il faut stimuler l’attrait pour la profession. Cela passe notamment par la fiabilité de la rémunération », ajoute M. Paradis.

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud