Pas de deuxième dose du vaccin de Pfizer en Estrie

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Le meilleur bénéfice à court terme pour lutter contre la pandémie de COVID-19 est de donner une dose de vaccin au plus de gens possible, a martelé jeudi le directeur régional de la santé publique de l’Estrie, Alain Poirier.

Si les observations scientifiques plaident en faveur de l’administration d’une seconde dose dans quelques mois, la décision pourrait alors être révisée.

D’après les explications fournies par Dr Poirier, le taux d’immunisation serait d’environ 90 % dès la première dose, ce qui signifie que 90 personnes vaccinées sur 100 vont être protégées. Il ajoute qu’avec une deuxième dose, on ne gagne qu’environ 5 % de plus en efficacité. Ce qui veut dire qu’on se retrouve avec 95 personnes protégées.

En contrepartie, toujours selon Dr Poirier, si l’on administre une seule dose à 200 personnes, ce sont 180 patients inoculés qui seraient efficacement protégés. En appliquant ce calcul mathématique à l’ensemble d’une population, on accélère de manière importante le taux d’immunisation, ce qui devrait permettre d’endiguer plus rapidement la crise sanitaire.

«Dès la fin de la semaine prochaine, on aura administré l’ensemble des deuxièmes doses qui étaient prévues. Ce qui fait que 8800 personnes seront vaccinées en Estrie», a annoncé la directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels du CIUSSS de l’Estrie-CHUS, Nancy Desautels. Ce nombre inclut principalement des travailleurs de la santé, mais aussi des patients en centre d’hébergement et de soins de longue durée (CHSLD) qui recevront les premières doses disponibles du vaccin fabriqué par Moderna.

Par ailleurs, dans le but d’offrir un accès le plus rapidement possible aux doses de Pfizer toujours disponibles, le CIUSSS a ouvert 4300 nouvelles plages horaires de rendez-vous pour des membres du personnel de la santé. De plus, un deuxième lieu de vaccination sera ouvert à Granby en complément de celui du Centre de foires de Sherbrooke.

Dans un autre enjeu lié à la gestion de la pandémie, l’Estrie se prépare à augmenter son nombre de lits dédiés à la COVID-19.

Comme c’est le cas dans plusieurs régions, le CIUSSS de l’Estrie-CHUS est sur le point d’atteindre la limite de sa capacité d’accueil de patients souffrant de complications liées au coronavirus.

Selon les plus récentes données disponibles, on compte 70 patients pour 74 lits dédiés aux malades de la COVID-19. En ce qui concerne les cas les plus graves, on mise heureusement sur une certaine marge de manœuvre pour le moment avec huit patients aux soins intensifs sur une capacité de 25.

En conférence de presse jeudi, la directrice adjointe aux mesures d’urgence, sécurité civile et enjeux organisationnels, Nancy Desautels, a reconnu que l’on s’approche dangereusement d’un taux d’occupation de 100 % et qu’un plan d’action est déjà en préparation.

«On suit la situation de très près et nos équipes travaillent à la planification pour atteindre une capacité de 150 %», a-t-elle mentionné en ajoutant espérer que les nouvelles contraintes permettent d’alléger le taux d’occupation au cours des prochaines semaines.

Pour le moment, il ne serait pas question de délester davantage d’activités médicales dans les hôpitaux de l’Estrie. Les choses pourraient toutefois changer en fonction de l’évolution des besoins.

Par ailleurs, Mme Desautels a révélé que certains patients hospitalisés en Estrie proviennent d’autres régions. Ces admissions auraient été faites pour venir en aide à des établissements de santé de régions voisines.

Ugo Giguère, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne