Pente abrupte pour les TDLG

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Piliers des évènements touristiques dans la péninsule, les Traversées de la Gaspésie devront remonter une pente particulièrement abrupte à la suite de l'annulation de ses deux derniers événements. L’organisme a dû procéder à un régime minceur au cours des derniers mois afin de réduire ses dépenses pour pouvoir survivre jusqu’au prochain rendez-vous.

Après avoir dû annuler ses deux derniers évènements, pandémie de COVID-19 oblige, les Traversée de la Gaspésie (TLDG) se retrouvent dans une position financière précaire. Au cours des derniers mois, l’organisme à but non lucratif a dû réduire ses dépenses au maximum, conservant un seul employé, son directeur général.

«C’était inévitable, tous nos revenus ou presque sont reliés directement aux évènements», note la présidente du conseil d’administration, l’entrepreneure Claudine Roy. En plus de mettre fin aux engagements avec vis-à-vis de tous les employés contractuels, les TDLG ont dû mettre à pied deux employés permanents, limitant leurs dépenses en salaires uniquement au directeur général, Alexis Devroede-Languirand.

Il y a quelques semaines, le conseil d’administration a même envisagé déménager ses bureaux dans des locaux plus petits. «Ça a été suggéré, mais on a décidé de garder nos bureaux sur la côte Carter, [en plein cœur du centre-ville de Gaspé]», rapporte Mme Roy, notant que l'organisme est en mesure de conserver ses locaux en recourant à la subvention d'urgence du Canada pour le loyer.

Sur la corde raide

On peut facilement s’imaginer l’état des finances de l’organisme après l’annulation de ses deux derniers évènements. En temps normal, les TDLG ont un chiffre d'affaires annuel d’environ un million, note le directeur général. «On parle surtout de frais d’inscriptions, mais s'ajoutent quelques commandites et subventions. Pour chaque évènement qu’on annule, on perd 35% de ces revenus-là», ajoute M. Devroede-Languirand.

En plus de perdre des revenus substantiels équivalant à 70% de son budget normal, l’organisme a dû débourser environ 50 000$ lorsque la traversée «à bottines» de l’automne a été annulée, quelques jours à peine avant son début. «On a eu des dépenses non remboursables, mais on a eu beaucoup de chance d’avoir des partenaires compréhensifs. C’est un moindre mal», explique M. Devroede-Languirand. «On est profondément affectés, c’est sûr, mais on a la chance d’avoir une organisation en bonne santé financière. On a un coussin qui nous permet de passer au travers de ces mois difficiles», note-t-il.

Les programmes fédéraux à la rescousse

Si les TDLG peuvent continuer à opérer, c’est en partie grâce aux programmes de soutien mis en place par le gouvernement fédéral, convient M. Devroede-Languirand. «On a un coussin, mais on est très chanceux d’être admissibles aux programmes fédéraux pour les salaires et les loyers. Sans ces aides, le coussin aurait fondu beaucoup plus vite», ajoute-t-il.

Dans le cas où la prochaine traversée d’automne devait elle aussi être annulée, les TDLG deviendraient encore plus dépendantes de ces programmes d’aide. «C’est une aide très contextuelle, on ne sait pas vraiment quand elle prendra fin. Si on doit encore annuler, ça sera un coup majeur et on aura besoin plus que jamais de soutien gouvernemental», admet le directeur général.

Une édition d’automne différente

L’équipe des TDLG est bien confiante de pouvoir offrir une édition de la traversée «à bottines» l’automne prochain, même si elle sera «définitivement différente». Chaque évènement rassemble généralement 250 participants, un nombre qui devra probablement être revu à la baisse, notamment en raison des contraintes liées aux adresses. «Parfois, on a 8 adresses différentes dans le même chalet. En temps de COVID, ce n’est pas possible. Il va falloir revoir tout ça», explique M. Devroede-Languirand.

Les organisateurs risquent aussi de réviser le budget alloué à certaines activités pour couper dans les dépenses. «Les artistes et les conférences font partie intégrante de nos traversées. On souhaite que ça reste le cas, mais peut-être en moins grand nombre».

Même si les inscriptions ne sont pas encore ouvertes officiellement, les Traversées ont reçu «des centaines de demandes» pour la prochaine édition, assure Claudine Roy. «Les gens ont hâte de revivre la TDLG, on le sent, mais ça va être tout un défi», admet-elle.

Histoire de permettre aux participants déçus l’automne dernier de participer, ces derniers auront priorité pour s’inscrire lors de la prochaine traversée, explique Alexis Devroede-Languirand. «On a beaucoup de choses à revoir, ça va assurément être beaucoup de travail, mais on a très hâte», conclut-il.

Simon Carmichael, Initiative de journalisme local, Le Soleil