Plan Roberge : le personnel professionnel reste inquiet pour la santé mentale des élèves

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ÉDUCATION. La Fédération des professionnelles et professionnels de l'éducation du Québec (FPPE-CSQ) apprécie que le ministre de l'Éducation se montre préoccupé de la santé mentale et de la réussite des élèves du primaire et du secondaire. Ceci dit, la FPPE-CSQ regrette qu'aucune solution concrète, à court ou à long terme, n'ait été annoncée pour donner plus de ressources aux professionnels afin de répondre aux besoins des élèves en termes de persévérance scolaire et de santé mentale. «Nous sommes conscients qu'il faut tout mettre en œuvre pour accompagner les élèves vers la réussite. Cependant, ce que le ministre Roberge a eu aujourd'hui est une fausse bonne idée. Aucune de ces mesures ne pourra remplacer un plan d'intervention, ne pourra poser un diagnostic, ne pourra contribuer au travail multidisciplinaire des membres des équipes-écoles pour mettre en place des stratégies et faire des suivis particuliers. Dommage qu'encore une fois, le ministre Roberge ne reconnaisse pas l'importance de notre expertise, malgré la crise. Il ne faut pas perdre de vue qu'il y aura aussi une sortie de crise à assumer!», souligne le président de la FPPE-CSQ, Jacques Landry, qui s’inquiète de l'externalisation des services professionnels qu’amène le programme de tutorat mis en place par le ministre de l’Éducation. Bien que le programme de tutorat puisse répondre, dans l'immédiat, à certains enjeux, le support aux élèves vulnérables doit se traduire, à moyen et à long terme, par un investissement accru dans les services complémentaires selon l’organisation qui représente 10 000 membres. «Les interventions doivent s'inscrire en cohérence avec les équipes-écoles et les milieux et la FPPE-CSQ doute des capacités des tuteurs d'effectuer des suivis plus élaborés et entrevoit des problèmes d'imputabilité, de compétences ou même de gestion de ces personnes qui ne contribueront pas au développement des services dans le réseau scolaire. Des questions restent d'ailleurs en suspens : qui encadrera les tuteurs, auront-ils des mandats clairement définis, comment seront-ils évalués, seront-ils bénévoles, comment la sécurité des élèves sera-t-elle assurée?», se demande le syndicat.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal