Plus difficile de motiver l’implication étudiante politique en temps de pandémie

Myriam Arsenault, Initiative de journalisme local
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Déjà peu nombreux à s’intéresser aux activités politiques de leur école, les étudiants sont encore plus difficiles à motiver en temps de pandémie. Certaines décisions, comme des prises de position politique ou des grèves, peuvent légèrement augmenter l’intérêt des jeunes qui restent majoritairement absents des assemblées de leur association étudiante.

Pour bien comprendre cet enjeu, il faut connaître le fonctionnement des associations étudiantes. Chaque établissement scolaire compte plusieurs associations étudiantes. Elles se divisent en deux types. Il y a d’abord les associations modulaires qui sont composées d’un petit groupe d’étudiants d’un même programme d’études et qui représentent les intérêts des autres étudiants de ce même programme.

Il y a également une association étudiante qui représente toutes les plus petites associations et, par le fait même, tous les étudiants inscrits dans l’école. Ce sont par exemple le rôle que joue le MAGE-UQAC à l’UQAC, l’Association générale des étudiantes et étudiants du Collège de Chicoutimi (AGEECC) et l’Association générale des étudiants et étudiantes au Cégep de Jonquière (AGEECJ).

Ces trois associations ont discuté avec Le Quotidien de la participation à leurs assemblées générales et extraordinaires. C’est à ces moments que d’importants sujets sont couverts et que des décisions sont prises. Par exemple, les états financiers de l’association peuvent être présentés, des prises de position sur un enjeu peuvent être votées tout comme les périodes de grève.

Participation des étudiants Puisque ces décisions peuvent avoir d’importantes conséquences sur le cheminement scolaire des étudiants, tous les étudiants y sont conviés et un quorum, soit une présence minimale, est demandé. Pour le MAGE-UQAC, il faut 50 étudiants pour que l’assemblée soit légitime, sur une possibilité de 6000 étudiants. Pour l’AGEECC, il faut 3 % des 2021 étudiants pour une assemblée générale annuelle et 10 % minimum aux assemblées spéciales qui touchent des grèves ou des prises de position. Finalement, à l’AGEECJ, le quorum est de 50 personnes, alors que le cégep compte 2750 étudiants.

Certains sujets motivent les étudiants à se présenter. Pour le Cégep de Jonquière, 158 personnes ont participé à l’assemblée pour le dernier vote de grève, ce qui dépasse largement le quorum. Même chose du côté de Chicoutimi, qui a atteint son 10 % de présence obligatoire, et pour le MAGE-UQAC, qui a eu environ 90 personnes lors de la prise de position sur GNL Québec.

Les conséquences de la pandémie Malgré la minime participation demandée, il n’est pas toujours évident pour les associations de tenir leurs assemblées, en raison de la faible participation des étudiants, un problème qui devient encore plus important en temps de pandémie.

« Il est généralement assez difficile de trouver des personnes pour venir en assemblée, et ce, surtout en temps de pandémie. Ce que nous avons constaté, c’est que ce qui faisait qu’il y avait une implication, c’était la vie étudiante, le fait d’être à l’université et d’être présent », explique Alexandra Heinkélé, vice-présidente aux affaires externes du MAGE-UQAC.

Elle expliquait qu’auparavant, les assemblées étaient tenues sur l’heure du midi et qu’ils offraient de la pizza, ce qui faisait que les étudiants déjà sur place étaient tentés d’y participer. Maintenant en ligne, sur Zoom, alors que tous les cours se donnent aussi sur la plateforme, il y a clairement une baisse de motivation chez les jeunes.

Ces propos font écho à ceux de la responsable des communications pour l’AGEECJ, Magalie Bonneau. Elle souligne également que la pandémie vient compliquer les choses, alors que les étudiants sont déjà inondés de rencontres à distance. Elle admet cependant qu’il était déjà difficile de motiver les étudiants à s’impliquer. « En temps normal, on pense que les étudiants ne se rendent pas compte de l’importance que ces événements peuvent avoir », a-t-elle indiqué.

Si toutes les associations sont conscientes de la faible participation, elles travaillent toutes pour que les étudiants se mobilisent davantage. « C’est certain que le nombre d’étudiants qui s’impliquent dans la vie politique et scolaire est quand même bas et parfois décevant, mais il est tout de même important de souligner que ceux qui s’impliquent le font avec beaucoup de cœur et y mettent beaucoup de temps », affirme le président de l’AGEECC, Émile Simard.

Myriam Arsenault, Initiative de journalisme local, Le Quotidien