Près de 700 000$ pour l’usine d’Avior Produits intégrés

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L’usine de Granby d’Avior Produits intégrés, spécialisée dans les matériaux composites de pointe pour l’aviation, recevra une somme remboursable de 694 000 $ de Développement économique Canada pour l’aider dans son virage 2.0.

Le projet de 1,6 M$ d’investissement permettra d’intégrer des cellules robotisées de sablage et une machine d’inspection ultrasonique. L’annonce a été faite par la députée de Brome-Missisquoi, Lyne Bessette, au nom de la ministre Mélanie Joly mardi matin.

Les cellules robotisées de sablage permettront de réaliser cette étape de production beaucoup plus facilement étant donné que les pièces sont de plus en plus imposantes, explique Yanick Seney, directeur de l’usine de Granby, en entrevue.

Quant à l’inspection ultrasonique, «on a eu un nouveau contrat avec Spirit AeroSystems pour le A220. Certaines de nos pièces demandent d’avoir une inspection ultrasonique. Aujourd’hui, l’inspection est faite manuellement. De plus en plus, les pièces deviennent plus grosses, alors on veut automatiser cette étape parce que c’est un long processus.»

Il mentionne qu’une machine temporaire d’inspection sera installée probablement en mars et la nouvelle machine entrera à l’usine de la rue Vadnais en été.

En plus du nouveau contrat avec Spirit AeroSystems, l’entreprise en a signé un autre avec son bon client Boeing pour des pièces qui seront installées sur le 737 Max. «Cet avion vient d’être recertifié, il a eu ses autorisations de vol, précise M. Seney. On travaille sur de beaux projets pour le 737 Max.»

Virage important

Avior compte trois usines. En plus de celle de Granby, qui emploie une cinquantaine de personnes, les autres usines se trouvent à Montréal et à Laval, où est situé le siège social. À Granby, les employés sont spécialisés au niveau des matériaux de composite, comme la fibre de verre, la fibre de carbone et le kevlar, qui composent les structures extérieures des avions. «Les avions sont de plus en plus légers. Avec le composite, on vient réduire le poids des pièces, donc il y a beaucoup d’économie d’essence», évoque M. Seney.

Les investissements qui seront faits à l’usine de Granby permettront à l’entreprise de garder ses yeux vers l’avenir.

«Il y a trois ans environ, on a commencé à accélérer notre processus d’investissement et de transformation vers l’industrie 2.0, a souligné en conférence de presse virtuelle Dany Dumont, vice-président et chef de l’innovation pour Avior. On est donc très reconnaissant envers le gouvernement de nous aider dans le projet de transformation technologique pour l’usine de Granby.»

L’efficacité dans la fabrication et l’assemblage permet d’offrir un meilleur prix aux clients. La concurrence est très forte dans l’industrie, évoque Yanick Seney, alors que des marchés ailleurs dans le monde sont beaucoup moins chers qu’au Québec. L’imagination et l’innovation sont des clés importantes pour rester compétitifs et baisser les coûts de production.

Mais, plutôt que de se résulter par des pertes d’emplois, l’accélération du virage 2.0 permettra la création de neuf emplois de plus haut niveau, comme en ingénierie et en robotisation.

Pas épargnée par la COVID-19

Comme toutes les entreprises en aéronautique, Avior Produits intégrés a été frappée de plein fouet par la pandémie de COVID-19. Aujourd’hui, les employés travaillent en moyenne trois jours par semaine plutôt qu’à temps plein. Pour minimiser les impacts sur la main-d’œuvre, c’est la stratégie qui a été retenue. Il y a eu tout de même des pertes d’emploi chez les employés de support à la production. La production a quant à elle été épargnée.

«On veut se préparer à l’après-COVID et être prêt à aller chercher de nouveaux contrats pour la relance de l’industrie, confie le directeur de l’usine. Et on s’en sort quand même bien parce qu’on a décroché deux contrats, Spirit AeroSystems et Boeing, durant la pandémie. Ça nous a aidés énormément. Et au niveau du développement des affaires, on est très actifs pour développer de nouvelles stratégies marketing.»

L’objectif, avec le coup de main du gouvernement fédéral, est de préparer l’entreprise à la relance économique grâce à ces avancées technologiques.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est