QS s’inquiète pour les microbrasseries

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local
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COVID-19. Alors que le reconfinement risque de porter un coup fatal à plusieurs microbrasseries situées en zone rouge selon Québec solidaire, le député Vincent Marissal presse le gouvernement d'assouplir la réglementation en vigueur afin de permettre aux microbrasseurs de distribuer plus facilement leurs produits auprès des consommateurs québécois. «Les derniers mois ont été durs pour les microbrasseurs : ils ont été les premiers à fermer ce printemps et cet automne et ont dû essuyer des milliers de dollars de pertes de revenus. Québec solidaire a tiré la sonnette d'alarme en juin dernier, mais le gouvernement a dormi sur la switch et s'est caché derrière le défunt projet de loi 61 pour justifier son inaction. Les microbrasseurs demandent depuis longtemps qu'on facilite la distribution de leurs produits, mais là, il est vraiment minuit moins une. Si on veut éviter que nos microbrasseries tombent une à une comme des mouches, le gouvernement doit élargir leurs canaux de distribution afin de les aider à traverser la crise», revendique Vincent Marissal.

Le député de Rosemont appelle d’ailleurs le gouvernement à adopter un décret dès maintenant afin d'assouplir temporairement la réglementation qui encadre la distribution des produits brassicoles, un moyen simple et rapide de venir en aide aux microbrasseurs sans dépenser un sou d'argent public.

Plusieurs propriétaires de microbrasserie ont joint leurs voix à celle du député solidaire afin de réclamer un allègement de la réglementation en vigueur. «La SAQ livre du vin par la poste, la SQDC livre du cannabis par des transporteurs privés, alors pourquoi les brasseurs artisans, eux, ne peuvent pas livrer leurs produits directement auprès des consommateurs ou les vendre dans les marchés publics du Québec? Ça fait deux ans qu'on demande au gouvernement d'élargir nos canaux de distribution et la pandémie a placé plusieurs d'entre nous au bord de la faillite. Ce n'est pas de subventions dont on a besoin, mais d'un décret du gouvernement pour nous laisser vendre de la bière immédiatement!», martèle le propriétaire de la microbrasserie Le Cheval Blanc, Jérôme Catelli Denys. «Au Québec, il existe deux types de permis de microbrasseries. La principale différence est l'étendue du canal de distribution qui leur est accessible. Pour les détenteurs de permis d'artisan brasseur, qui représentent presque 30 % des 270 microbrasseries, la pandémie rend les affaires très difficiles, car ils ne peuvent vendre qu'à partir de leur lieu de production. Ces microbrasseries sont pieds et mains liés et ont besoin qu'on leur permette d'élargir leur canal de distribution pour faire face à la crise», fait valoir Marie-Ève Côté, présidente de l'Association des microbrasseries du Québec.

«Notre industrie est indispensable pour le développement économique et la vitalité des milieux. Avec la fermeture des restaurants et des bars, la situation va devenir très difficile pour nous. Les pertes de revenus avoisinent les 85% en ce début de deuxième vague. On ne demande aucune subvention, seulement des allègements réglementaires pour nous aider à traverser la crise et relancer notre industrie. Le gouvernement demande aux entreprises d'innover dans la situation présente, c'est la moindre des choses qu'il permette aux producteurs artisanaux de bière de distribuer leurs produits pour passer au travers de la crise», ajoute Pascal Fex, propriétaire de la brasserie artisanale le Saint-Graal.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal