Québec investit 55 M $ pour démarrer le chantier du port de Contrecoeur

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Québec a annoncé, mardi, une aide financière de 55 millions $ à l’Administration portuaire de Montréal (APM) afin d'appuyer la phase de démarrage du projet d’expansion du port de Contrecoeur.

Le chantier doit encore obtenir le feu vert du ministère fédéral de l'Environnement, alors que des inquiétudes persistent au sujet de l'impact sur certaines espèces menacées, dont le chevalier cuivré. Si l'APM reçoit l'approbation nécessaire, les travaux devraient débuter dès l'automne.

En conférence de presse virtuelle, le nouveau président-directeur général de l'APM, Martin Imbleau, s'est dit confiant que le projet ira de l'avant comme prévu une fois que le rapport de l'Agence d'évaluation d'impact du Canada sera déposé.

«L'impact est somme toute mineur et il est pris en considération. Les compensations sont très importantes pour mitiger l'impact sur le chevalier cuivré», a-t-il assuré.

Tout juste après l'annonce, deux organismes ont dénoncé la précipitation dans ce dossier. Le Centre québécois du droit de l’environnement (CQDE) et la Société pour la nature et les parcs (SNAP Québec) trouvent «inquiétant» le soutien politique et financier envers ce projet à ce moment-ci, ont-ils fait savoir par voie de communiqué.

Ils craignent que cela ne vienne «miner la crédibilité des processus d’évaluation environnementale et envoie un très mauvais signal pour la protection des espèces en péril».

Le CQDE et SNAP Québec rappellent aussi qu'Ottawa a fait part, lundi, de son intention de protéger l'habitat de cette espèce de poisson en péril.

Les coûts de la phase de démarrage sont estimés à 111 millions $ et sont assumés à parts égales, ou presque, par Québec et l'APM qui va injecter 56 millions $.

Ces travaux préliminaires consistent à préparer le terrain par démolition, défrichage et essouchage. Des travaux d'excavation et de remblayage sont aussi prévus ainsi que l'érection d'un talus de quatre mètres de haut devant servir de barrière visuelle et sonore au site.

L'annonce de la participation financière de Québec a été faite par la ministre déléguée aux Transports et ministre responsable de la Métropole et de la région de Montréal, Chantal Rouleau, ainsi que le ministre des Transports, François Bonnardel.

Les deux ministres ont souligné l'importance stratégique de ce chantier dans la relance économique du Québec une fois que la pandémie sera derrière nous. Ils ont aussi insisté sur la portée internationale du projet et la nécessité d'optimiser l'exploitation de la voie maritime du Saint-Laurent tout en assurant sa protection.

«La capacité accrue de manutention de conteneurs nous permet d'envisager pour les années à venir une augmentation significative de nos possibilités d'exportations vers les marchés internationaux», a déclaré Chantal Rouleau.

François Bonnardel y voit la consolidation de la place du Port de Montréal parmi les leaders de l'est de l'Amérique du Nord.

À la fin de l'ensemble des travaux, que l'on prévoit pour 2024, le terminal devrait être en mesure d'accueillir 1,15 million de conteneurs afin de permettre au port de Montréal de poursuivre sa croissance.

Ce site a été identifié par l’Administration portuaire de Montréal vers la fin des années 1980 lorsqu'elle a commencé à faire l'acquisition de terrains dans le secteur. Selon le nouveau PDG, Martin Imbleau, le besoin d'espace devient imminent en raison de la croissance actuelle de la demande dans le transport de marchandises par conteneur.

D'après les projections du gouvernement, le terminal devrait permettre la création de 1000 emplois lorsqu'il sera en pleine opération. La facture totale du projet est estimée entre 750 millions $ et 950 millions $.

La Banque d'investissement du Canada doit contribuer au financement à hauteur d'environ 300 millions $. Le port de Montréal et des partenaires privés assumeront le reste de la facture.

Ugo Giguère, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne