Récit d’une entreprise familiale : Cultiver des fraises toute l’année

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Il y a deux ans, Sarah Corriveau et son conjoint, Benjamin Plouffe, ont décidé de se lancer dans un projet de ferme sur leur terrain. À Sainte-Lucie-des-Laurentides, pour passer plus de temps avec leurs enfants, ils ont commencé à cultiver des plants de petits fruits, framboisiers, bleuetières et fraisiers. L’année d’après, la Bleuetière-framboisière Ste-Lucie s’est élargie pour ouvrir une petite boutique pour vendre leurs produits.

« Au début, c’était vraiment par plaisir et c’est devenu une passion mutuelle. Avec la pandémie, on a davantage travaillé le projet en ayant derrière la tête de construire une serre », m’explique Benjamin au téléphone. « C’est Sarah qui est la tête derrière ce projet. Moi, je suis les bras ! », s’exclame-t-il en riant. Avec leur petite famille, ils ont construit de leurs propres mains une serre semi-autonome pour y faire de la culture hors sol.

Au lieu de pousser dans le sol, les fraisiers sont insérés dans des tuyaux percés placés à la verticale. Cela permet d’avoir plus de plants pour un même espace.

On remarque une augmentation importante des rendements en comparaison aux cultures en plein sol, dans les mêmes conditions environnementales. La production en serre permet aussi de diminuer la présence de parasites ou de maladies reliées au sol.

Source : mapaq.gouv.qc.ca

« Ce type de culture est plus rentable pour nous puisqu’il nous permet de produire plus, dans une superficie plus petite. Comme nous n’avons pas un grand terrain, c’était ce qu’il nous fallait. » Benjamin ajoute que sur leur terrain, sur la même superficie, ils auraient pu cultiver seulement de 3000 à 5000 plants, alors qu’avec la serre, ils peuvent augmenter la culture à 25 000 plants.

De plus, grâce à un système de pompes et de réservoir, l’eau d’arrosage sera récupérée, ce qui permettra de n’avoir aucune perte de la ressource. « Contrairement à la culture plein sol, où il y a beaucoup de pertes, nous utiliserons 2 à 3 fois moins d’eau. Des valves seront programmées pour ouvrir et fermer au bon moment pour l’arrosage. Ainsi, on utilisera moins de 1000 litres par arrosage. »

Après avoir travaillé avec plusieurs spécialistes, agronomes et entreprises pour concevoir le système, Benjamin estime qu’ils produiront plus de 1,5 tonne de fraises cette année avec une seule serre. « Nous aimerions acheter le terrain d’à côté et y construire jusqu’à 6 serres. » Ils comptent également obtenir leur certification biologique dans le futur. Il explique qu’ils n’ont pas à mettre d’engrais et que seulement de l’eau est nécessaire pour cette culture. Pour le chauffage de la serre, ils utilisent un système au bois : ils vont récupérer le bois d’une compagnie d’émondage d’arbres pour chauffer, ce qui diminue les coûts en énergie. « En plus, nous avons une fournaise qui est aux normes du jour, qui permet de bien récupérer la chaleur », précise Benjamin.

En ayant comme objectif d’offrir des fruits dans les moments de l’année où peu de fermes en vendent, ils planifient produire des fraises de mars à novembre.

Marie-Catherine Goudreau, Initiative de journalisme local, Journal Accès