Régions voisines, mais des réalités opposées

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À peine 15 minutes de route séparent les villes de Saint-Jérôme et de Saint-Sauveur. Pourtant, on assiste à deux situations totalement différentes dans chacune. Alors que certains demandent l’ouverture de leurs restaurants, le maire de la ville de Saint-Sauveur, Jacques Gariépy, réclame plus d’aide du gouvernement pour contrôler l’afflux de personnes qui déambulent dans les rues du village.

« C’est la même chose que je dis et que je réclame depuis des mois maintenant. On le sait, on est envahis par les gens des zones rouges, surtout durant les week-ends. Ce qu’on demande ce sont des barrages. Ce n’est pas la solution idéale, mais il faudrait que le gouvernement nous aide à demeurer en zone orange. Il faudrait aussi que la Sûreté du Québec (SQ) puisse légiférer pour pouvoir intervenir dans la région. Ce qu’elle ne peut pas faire actuellement », déplore M. Gariépy. En effet, en ce moment, aucune règlementation n’interdit les déplacements entre les régions.

À la Sûreté du Québec, le sergent Marc Tessier a expliqué que des visites de restaurants et de débits de boissons ont été effectuées lors de la fin semaine dernière. « Des équipes ont procédé à des visites de commerces, pour faire de la sensibilisation. Il n’y avait pas d’opération spéciale, comme à Saint-Jérôme, mais si nos agents constatent qu’une personne se trouve en possible état d’ébriété, c’est certain qu’ils vont sévir. Ça revient à ce que je disais il y a deux semaines : nous fonctionnons selon les décrets gouvernementaux. Si un nouveau sort, on va l’appliquer », a-t-il concédé.

Selon M. Gariépy, même si les barrages sont incitatifs, ils permettraient de sensibiliser les gens à ne pas venir dans la région si leur visite n’est pas essentielle. Pour l’instant, le seul pouvoir de la Ville reste de faire des recommandations et des demandes. « On continue la prévention et les commerces approuvent mon approche. Je ne peux aller plus loin avec la demande de barrages. Mais c’est presque mission impossible de bloquer toutes les artères menant à Saint-Sauveur, d’un autre côté. Ma priorité reste la santé de notre population », a-t-il souligné lors d’une entrevue réalisée la semaine dernière.

Lors d’une conférence de presse qui avait lieu le 7 décembre, le ministre de la Santé et des Services sociaux, M. Christian Dubé, s’est prononcé à ce sujet. En réponse à une question à savoir si le gouvernement envisageait des barrages, il a répondu : « On n’est pas là, mais on va discuter avec notre trio de Santé publique, Sécurité publique et CNESST pour voir s’il y a des choses supplémentaires à faire. Pour l’instant, on en reste à faire respecter les règles. Pour le moment, il n’y a rien de prévu. »

Le maire Gariépy s’est aussi prononcé la semaine dernière quant aux doléances du préfet de la MRC de la Rivière-du-Nord, Bruno Laroche, qui demandait d’ouvrir les restaurants de son secteur : « S’ils ouvrent là-bas, ça va peut-être diminuer la pression à Saint-Sauveur, mais je laisse le soin à M. Laroche de trancher. J’en ai déjà en masse ici : mon assiette est pleine ! »

Selon lui, les restaurateurs sont surtout inquiets de voir passer la région en zone rouge et de devoir fermer leurs portes. « Ils sont prêts à faire des concessions, à avoir moins de monde dans leur commerce. On est quand même 45 000 dans la MRC des Pays-d’en-Haut et on est capables d’encourager et de faire vivre nos restaurants. »

Marie-Catherine Goudreau, Initiative de journalisme local, Journal Accès