REDONNER À SA COMMUNAUTÉ, UN SUDOKU À LA FOIS

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Caractérisé par son altruisme et son humilité, André Paré a passé toute sa vie à redonner aux autres. Depuis plus d’une vingtaine d’années, l’octogénaire résidant à Dégelis met au point ses propres sudokus et les partage à ses proches, ses amis, ses collègues et sa communauté.

Homme d’affaires à la retraite, son côté travaillant et charitable se font sentir à simple vue d’œil. Debout sur son balcon, vêtu d’une chemise et d’une cravate, M. Paré s’est présenté pour l’entretien en tenant entre les mains son curriculum vitae ainsi qu’un dossier contenant qu’une fraction de ses nombreux sudokus créés au fil des années.

C’est depuis qu’il est à la retraite qu’il a commencé à s’occuper avec de tels jeux. Il y a plus de vingt ans, il a découvert la clé pour créer lui-même ces jeux, chose qui n’a pas été simple à maîtriser au début. M. Paré a expliqué que lorsqu’on parvient à trouver le truc, le tour est joué. Ces sudokus, mis au point en moins de vingt minutes, sont de niveaux de difficulté variés. Il les fait pour le plaisir et espère pouvoir les laisser en héritage à sa communauté lorsqu’il ne sera plus.

« Je me suis demandé ce qui arriverait si jamais je partais. Quoi faire pour que la communauté puisse bénéficier de mes sudokus une fois que je ne serai plus là ? Si jamais je pars, je laisserai une clé USB avec plus de 3500 sudokus qui se trouveront dessus, tout sera prêt. Des milliers de jeux pourront être remis à la communauté pour plus d’une quinzaine d’années. »

Il crée d’ailleurs une multitude d’autres types de « jeux chiffrés », comme il les appelle, et les laisse sur les tables communes dans sa résidence afin de permettre aux autres résidents de faire passer le temps en cette période difficile pour les aînés.

IMPLIQUÉ DEPUIS TOUJOURS

André Paré ne manque certainement pas d’expérience dans son curriculum vitae. Membre de longue date des Chevaliers de Colomb, il a occupé plusieurs fonctions pour cette organisation et maintient toujours ses liens avec celle-ci en faisant régulièrement parvenir des cartes de souhaits et des jeux chiffrés, entre autres.

Il a également œuvré pendant 46 ans dans des entreprises du secteur des matériaux de construction où il a été représentant des ventes, vice-président des ventes-marketing ainsi que directeur général. M. Paré avoue ne jamais avoir manqué une seule journée d’ouvrage.

Au sein de sa résidence actuelle, il occupe le poste de secrétaire et prend le rôle de maître de cérémonie dans des événements de tous genres. « Ici je suis le bon gars. Je suis le maître de cérémonie lorsque c’est la fête de quelqu’un, lorsqu’un nouveau résident ou un nouvel employé est accueilli. Ça me permet de m’occuper parce que le temps peut être long des fois dans une résidence. »

Depuis le début de la pandémie, dans son logement pour aînés, toutes les activités sont mises sur pause et aucune visite ou presque n’est permise. La cafétéria de l’établissement est fermée et les repas sont livrés devant les portes des résidents.

Malgré le contexte actuel, M. Paré demeure optimiste et parvient à trouver le bon côté des choses. Ce qui le rend le plus déçu de toute cette situation, c’est de voir la négativité des gens qui perdure depuis l’arrivée de la COVID-19 dans la province.

Il se remémore le mois de mars dernier où sa femme et lui-même étaient confinés pendant dix semaines dans leur appartement, sans pouvoir mettre le pied à l’extérieur. « Là ça va mieux, on peut aller à la banque, aller à l’épicerie. En mars, on faisait faire les commissions par les employés de la résidence. » Contrairement à de nombreux Québécois, M. Paré semble voir la lumière au bout du tunnel.

UN HOMME CONNECTÉ

André Paré n’a pris aucun retard depuis l’avènement de nouvelles technologies dans les dernières années. « Pour pouvoir créer mes sudokus, ça me prend le bon équipement pour le faire. » Muni d’un ordinateur Microsoft 2019, c’est avec cela qu’il parvient à créer ses nombreux sudokus. Il les imprime avec l’une de ses deux imprimantes, l’une en couleur et l’une à l’encre noire, tout dépendant de la nature du jeu qu’il souhaite partager à autrui.

En plus de l’utiliser pour créer des sudokus, M. Paré se sert de son ordinateur pour envoyer des courriels à ses proches ou pour écouter les centaines de morceaux de musique qu’il possède. Il ajoute également qu’il a récemment fait l’achat d’une nouvelle Webcam, chose qui ne peut qu’être à son avantage en temps de pandémie.

Réjoui par l’idée que les Canadiens de Montréal, son équipe de hockey préférée, recommencent enfin à jouer, il anticipe la nouvelle saison de la Ligue nationale de hockey qui débutera dès cette semaine. Homme débordant d’humilité, André Paré laissera certainement à sa communauté un legs qui va bien au-delà des milliers de sudokus qu’il a créés au fil des ans.

Si vous souhaitez obtenir certains de ses jeux, veuillez entrer en contact avec lui par courriel : andrepare2@videotron.ca

Dominique Côté, Initiative de journalisme local, Journal Infodimanche