Reprise des procédures pour le projet au centre-ville de Cowansville

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Les procédures entourant l’imposant projet domiciliaire au centre-ville de Cowansville, sur pause depuis bientôt un an, reprennent. Le projet controversé prévoit la construction de 300 logements ainsi que l’achat et la dynamisation du centre commercial Domaine du parc par son promoteur, Groupe Guy Samson.

Il y a un an, le conseil municipal a adopté un PPCMOI en lien avec ce projet. Le PPCMOI, soumis à un processus référendaire, permet au conseil municipal d’autoriser certaines dérogations d’un projet, s’il ne respecte pas les barrières réglementaires actuelles, mais dans le cadre de conditions bien précises.

Avec les mesures sanitaires, les élus souhaitaient attendre que les choses se replacent afin que la tenue de registre se fasse en personne. Suffisamment de signatures avaient été amassées pour obliger la Ville à tenir un tel registre.

Par contre, le temps qui file sans que les restrictions ne diminuent et l’importance du vaste projet ont poussé le conseil municipal à lancer les procédures de registre par correspondance, tel que le prévoit l’arrêté ministériel 2020-033.

«C’est un projet d’envergure, ça ne se présente pas toutes les semaines, ce genre de projet là», confie la mairesse Sylvie Beauregard, qui souhaite le faire avancer.

Six zones

La décision a été entérinée par le conseil municipal réuni lundi soir. Les détails figureront dans un avis public qui sera publié dans l’édition de l’hebdomadaire Le Guide, le 24 février, mais sont déjà en ligne.

Les résidents de la zone concernée et des secteurs voisins, à l’exception de deux qui n’ont pas regroupé assez de demandeurs pour obtenir un registre, pourront signifier leur opposition par courrier ou courriel durant 15 jours. Six zones sont ainsi concernées.

Si le registre a suffisamment de signataires, un référendum pourrait être tenu dans ces secteurs. Les autres options seront de revoir le projet ou de l’annuler.

62 % en faveur

Le conseil municipal de Cowansville a par ailleurs sondé sa population en confiant un mandat à la firme Léger, en juin dernier. Il en résulte que, en ignorant les refus de répondre, 62 % de la population est favorable au projet. Ceux-ci considèrent qu’un tel projet permettra de dynamiser le centre-ville, mais aussi le centre commercial Domaine du parc.

Quant aux répondants en défaveur, la principale raison est la hauteur du projet.

Dans son projet, le promoteur Guy Samson prévoit que les 300 logements seront répartis en cinq immeubles, construits sur le boulevard de Dieppe, de huit étages habitables et deux étages de stationnement sous-terrain.

Les immeubles seraient construits en deux phases. La troisième phase consiste à revamper le centre commercial et d’y attirer de nouveaux commerçants grâce au nouveau noyau de population créée par le volet résidentiel du projet.

Nouveaux dessins rejetés

Devant cette crainte envers l’ampleur verticale des immeubles, la Ville a demandé au Groupe Guy Samson de retourner à la table à dessin pour diminuer la hauteur du projet.

«Le promoteur nous a suivis toute l’année pour savoir ce qu’on ferait, mentionne la mairesse. Quand on a discuté avec lui pour un autre modèle, il était prêt à collaborer.»

Si les citoyens ont dès le départ qualifié le projet de «mur», le bâtiment proposé comme solution par le promoteur devenait un véritable mur. Les cinq immeubles étaient remplacés par un seul de six étages. «Quand nous avons vu que les espaces verts devaient être retirés complètement entre les bâtiments afin de rentabiliser le projet et compenser la perte de deux étages, nous avons décidé de poursuivre avec la première mouture du projet qui correspondait davantage au désir du conseil de créer un milieu de vie au centre-ville.»

Devant la réponse favorable dans tous les quartiers de la ville pour le projet, «je suis confiante pour la poursuite du projet, ajoute-t-elle. Je pense que ça peut être positif. On verra les résultats. Les gens l’attendent, le projet.»

Léger a sondé 300 personnes dans tous les districts électoraux de la ville.

Le sondage a un indice de confiance de 95 % et une marge d’erreur de plus ou moins 5,7 %.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est