Route 117 en Abitibi : la Conférence des préfets met de la pression

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MALARTIC-La Conférence des préfets de l’Abitibi-Témiscamingue met de la pression supplémentaire sur le gouvernement Legault pour rendre plus sécuritaire la route 117, particulièrement le segment entre Rouyn-Noranda et Val-d’Or. Un autre accident survenu lundi dernier entre trois véhicules a fait deux victimes, «deux autres», se désole le président de la CPAT, le maire de Malartic, Martin Ferron.

La Conférence des préfets demande au ministre régional, Pierre Dufour, que soit créé un bureau de projets, pour que des experts puissent se pencher plus sérieusement sur la 117. «Quand cette route a été créée, dans les années 50 et 60, elle répondait aux besoins de la circulation de l’époque, rappelle M. Ferron. Mais 60 ans plus tard, la région s’est développée, et la route 117 est à toutes fins pratiques désuète. Je tiens à rappeler qu’il s’agit de notre seul lien avec le reste de la province. Sans oublier que le Nord-du-Québec se développe lui aussi à vive allure, et que nous sommes aussi le seul lien avec cette région.»

Un cheval de bataille

Plusieurs ministres sont venus faire des annonces en Abitibi au cours des dernières années, concernant la route 117. Mais rien de concret n’a encore débloqué. «Le ministre Dufour en avait même fait l’un de ses principaux chevaux de bataille lors de l’élection de 2018, rappelle le président de la CPAT. Depuis ce temps, pas de son, pas d’image.»

M. Ferron est conscient qu’il s’agit d’un plan à long terme. «D’habitude, quand on établit un bureau de projet, on parle d’environ cinq ans entre le début et la fin, souligne-t-il. La 117 est un secteur accidentogène, comme ils disent dans leur jargon, mais tant que le bureau de projets n’est pas annoncé, c’est encore du temps où on attend, et d’autres accidents, d’autres décès. On côtoie littéralement la mort ici.»

Martin Ferron se base sur l’organisme SOS 117, dans le secteur des Hautes-Laurentides, pour faire un parallèle avec ce qui se passe en Abitibi. «Au sud de la Réserve faunique (La Vérendrye), il a fallu vingt ans de représentations par des maires qui se sont succédé pour que le ministère bouge et rende ce secteur-là plus sécuritaire. Et ce n’est pas terminé. Ici aussi, il est temps que les choses bougent. La route 117 dans notre secteur ne répond plus aux besoins de la population et des entreprises d’ici.»

Le travail se poursuit, dit Pierre Dufour

Le ministre de la Forêt, de la Faune et des Parcs, Pierre Dufour, assure de son côté que le travail se fait au MTQ. Il fait cependant valoir que la section entre Val-d’Or et Malartic comporte son lot de défis. «Il y a 264 entrées de maisons, de commerces et des rues transversales au total, a-t-il déclaré. C,est un tronçon de route problématique, avec de grands défis de sécurité.»

Pierre Dufour dit préparer un dossier étoffé qu’il compte présenter à son collègue aux Transports, François Bonnardel. «François est bien au fait du dossier, dit M. Dufour. J’aimerais bien moi aussi qu’on ait un bureau de projet pour la route 117. Mais je ne veux pas d’une coquille vide. Je veux un bureau de projet avec des experts, et surtout, des budgets. Mon objectif est toujours le même, soit d’avoir ce bureau d’ici 2022.»

L’accident survenu lundi, entre Val-d’Or et Malartic, était le deuxième à survenir dans ce secteur en un mois. Le 24 octobre dernier, deux hommes sont décédés lors d’une collision frontale sur le pont de la rivière Thompson, à Val-d’Or. Entre 2015 et 2018, une quarantaine d’accidents avec morts ou blessés graves sont survenus sur ce tronçon de route.

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne