Stationnement : Tadoussac se fait de la place

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Manque de stationnement et congestion routière, deux problématiques bien connues des citoyens de Tadoussac en saison touristique. Afin de remédier à la situation, la municipalité veut aménager un stationnement écoresponsable au bout de la rue des Jésuites, projet de 1 106 424 $ qui a été présenté aux citoyens le 19 janvier.

L’équipe municipale travaille activement sur le projet depuis plus de deux ans afin qu’il n’en coûte rien pour les contribuables tadoussaciens.

La municipalité a d’ailleurs obtenu une subvention du ministère de l’Environnement, via le programme Climat municipalités – phase 2, d’un montant de 577 140 $.

D’autres aides financières ont été demandées, mais les réponses ne sont pas confirmées pour le moment. Si toutes les subventions sont accordées, la municipalité ne devrait dépenser que 247 659 $ pour la réalisation du stationnement.

« Le plan A prévoit le remboursement du montant de 247 659 $ sur 20 ans, à raison de 15 889 $ par année. En ajoutant les frais d’acquisition du terrain (13 816 $) et les coûts d’opération et d’entretien (25 000 $), le total des dépenses annuelles se chiffre à 54 705 $. Cette somme serait remboursée grâce aux revenus du stationnement, évalués à 88 000 $ si on se fie à celui de la cale sèche. Un profit de 33 295 $ serait enregistré », a expliqué la directrice Marie-Claude Guérin, lors de la consultation.

Quant au plan B, la contribution municipale s’élève à 529 284 $ et est remboursée sur 20 ans, soit 33 932 $ annuellement.

En ajoutant les autres dépenses mentionnées dans le plan A, un montant de 72 748 $ devrait être remis chaque année.

Comme les revenus sont estimés à 88 000 $, un profit de 15 252 $ demeure tout de même.

« Le plan B est moins confortable, mais il permet d’éviter de taxer les citoyens pour le remboursement de l’emprunt relié au stationnement. Pour le moment, ce sont des prévisions en ce qui concerne les revenus, mais on en gère deux stationnements. Celui de la cale sèche est de dimension comparable et il nous rapporte 88 000 $ », a déclaré le maire Charles Breton.

De plus, la municipalité s’engage à mettre en place une politique des déplacements, inclut dans les coûts du projet, afin de garantir l’utilisation du nouveau stationnement.

« Ça veut dire que des emplacements seront réservés aux citoyens devant l’épicerie, par exemple, grâce à un système de vignette ou que les stationnements seront interdits dans certaines rues », précise M. Breton.

Objectifs

Le premier objectif, et le plus important, selon le maire, est la qualité de vie des citoyens de Tadoussac.

« Dans les sondages que nous avons faits, les problématiques du manque de stationnement et de la congestion routière reviennent incessamment, a rappelé Charles Breton. Les gens ne se sentent plus chez eux lors de la saison touristique. »

Le projet permettra aussi de limiter les émissions de gaz à effet de serre « évitables ».

« On dit évitables parce que les touristes qui font trois fois le tour du village pour trouver un stationnement pourront éviter de le faire en se dirigeant immédiatement dans le nouveau stationnement, précise l’élu. Par le fait même, l’expérience des visiteurs n’en sera qu’améliorer, un autre objectif du projet. »

Aménagement

En termes d’aménagement, le stationnement pourra accueillir 85 voitures et 3 autocars ou 50 voitures et 11 autocars à la fois, selon le choix effectué par le conseil municipal.

Il sera muni d’un pavillon sanitaire comprenant deux salles de bain ainsi que d’un sentier le reliant au parc de nos Ancêtres. Une ressource humaine y sera affectée pour les deux premières années (2021-2022) ainsi qu’un chargé de projet.

Le respect de l’environnement est très important pour la municipalité.

« Des matériaux naturels seront utilisés le plus possible. Il sera notamment en gravier au lieu d’en asphalte. L’éclairage ne sera pas éblouissant et des aménagements verts y seront installés », a fait valoir Charles Breton.

À la séance municipale de décembre, les élus de Tadoussac ont adopté le projet de règlement entourant le projet.

Une séance extraordinaire est prévue dans les prochains jours afin d’adopter de façon finale le règlement. Par la suite, il sera envoyé au ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH).

« Les travaux devraient débuter au début juin, selon la période dégel. On espère que le tout sera terminé au début juillet afin qu’on soit prêt à commencer la saison touristique avec le nouveau service pour éviter les problématiques vécues l’an dernier », de conclure Mme Guérin, précisant qu’une documentation sera envoyée aux citoyens qui ne pouvaient assister à la consultation publique virtuelle.

Johannie Gaudreault, Initiative de journalisme local, Journal Haute-Côte-Nord