Subvention salariale : échec du vote contre les versements aux partis politiques

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Malgré l’appui des conservateurs, l’amendement proposé par le Bloc québécois pour interdire définitivement la subvention salariale d’urgence aux partis politiques n’a pas été adopté à la Chambre des Communes.

Libéraux et néo-démocrates ont fait peser la balance contre la suggestion du Bloc de modifier le projet de loi sur les mesures d’urgence en faveur des entreprises. Le vote de l’amendement a échoué à 171 voix contre 144.

Les bloquistes qui comptaient sur quelques voix du camp libéral sont persuadés que beaucoup ont changé d’avis à la dernière minute. Leur chef, Yves-François Blanchet, nourrit l’intention de présenter un projet de loi sur la même idée. « Les programmes d’aide étaient destinés aux organisations victimes de la pandémie et les partis politiques ne le sont pas », a-t-il plaidé en vain la veille.

« Ils n’auraient jamais dû mettre la main dans un sac qui était destiné à soutenir les entreprises. Je m’étonne de cette incohérence qui est à la limite immorale », avait dénoncé M. Blanchet en conférence de presse, brandissant des chiffres pour étayer ses arguments.

Selon le chef du Bloc québécois, les libéraux avaient touché près de 850 000 dollars de la Subvention salariale d’urgence (SSU) alors que ces fonds étaient « destinés selon les mots mêmes du premier ministre à des organisations en difficultés. » Yves-François Blanchet a noté que le parti libéral avait levé des financements de l’ordre de 8 millions de dollars dans le même temps sans s’engager à rembourser les fonds perçus de façon « totalement injustifiable. »

Il a reconnu que le Parti conservateur avait reçu environ 700 000 dollars qu’il a promis de rembourser. Son chef, Erin O’toole, a tenu sa promesse de renoncer à ce programme d’aide à son arrivée aux affaires. Les conservateurs auraient cependant indiqué qu’ils allaient rembourser ces fonds si les néodémocrates et les libéraux concédaient à le faire. Le NPD serait à 400 000 dollars reçus selon le Bloc qui a constaté pour le déplorer qu’il continuait à passer à la caisse malgré ses collectes de fonds.

« Ça doit être inclus dans la loi », a plaidé Yves-François Blanchet. Il a prévu que la mesure ne pourrait pas être rétroactive, mais qu’elle serait plus utile pour la suite de la pandémie.

« Il est important que les partis politiques s’engagent à rembourser cet argent » a-t-il plaidé au sujet de cette subvention que le Bloc n’a jamais ni demandée ni perçue.

S’il est approuvé au sénat et promulgué par l’autorité royale, le projet de loi C-9 adopté en troisième lecture donnera un accès direct à l’aide aux loyers pour les entreprises et les commerces durement frappés par la deuxième vague de Covid-19. Il prolonge la SSU jusqu’en juin 2021.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, Le Canada Français