Trois conseillers dénoncent le climat de travail à Danville

·3 min read

Trois conseillers municipaux de Danville ont fait une sortie publique vendredi pour dénoncer le climat de travail qu’ils qualifient de difficile tant au conseil de ville qu’auprès des employés municipaux.

Ginette Pinard, Jean-Guy Laroche et Daniel Pitre ont signé un long communiqué de presse. Le visionnement des séances du conseil des derniers mois permet en effet de constater l’ambiance parfois lourde qui règne entre certains élus ainsi que la directrice générale de la municipalité.

Selon les signataires, le ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH) a été impliqué dans le dossier et a apporté au cours de l’été certaines recommandations pour améliorer les relations de travail.

« Il s’est avéré qu’aucune amélioration n’était survenue au niveau du climat de travail », mentionne-t-on dans le communiqué de presse.

Un mandat a alors été donné à la Fédération québécoise des municipalités (FQM) afin qu’elle puisse apporter son soutien au conseil de ville.

« À ce jour toutefois, ce mandat n’est toujours pas terminé, la FQM étant en attente d’informations afin de pouvoir finaliser la démarche, peut-on lire. Comme des ententes de confidentialités ont été signées, il nous est malheureusement impossible de fournir davantage d’information à ce sujet. »

La FQM a confirmé à La Tribune être intervenue en lien avec cette problématique, mais était elle aussi liée à la confidentialité.

« Tout l’investissement d’énergie pour tenter de résoudre les conflits internes et de rétablir un climat de travail sain aura été vain jusqu’à maintenant, concluent Mme Pinard, M. Laroche et M. Pitre. Cette énergie aurait pu être utilisée au profit des contribuables. De plus, le fort roulement de personnel et les départs en congé de maladie obligent très certainement à se questionner. »

Le maire réagit

Joint par La Tribune, le maire de Danville, Michel Plourde, a qualifié de « très déplacée » la sortie des trois conseillers.

« Ils se trouvent à briser le serment de confidentialité et ça peut être hautement répréhensible, lance-t-il. De dire qu’il n’y a aucune amélioration est une opinion qui n’est que la leur et qui ne reflète pas celle des autres membres du conseil. Ils mélangent un paquet de dossiers et laissent les citoyens supposer plein de choses. Et ce n’est certainement pas en faisant des sorties publiques du genre qu’ils démontrent à la population leur bon vouloir de travailler pour elle. Ce qu’ils démontrent, c’est leur prétention à vouloir entretenir des conflits. »

Le maire n’a pas souhaité commenter le climat de travail en raison de l’aspect de confidentialité, mais se dit tout de même prêt à travailler avec tous les élus.

« Je suis là pour les citoyens et comme maire on doit travailler avec les gens qui sont élus par la population, que ça me plaise ou non, souligne-t-il. S’ils sont professionnels, et j’ose croire qu’ils le sont, ils vont travailler avec les élus qui ont été mis en place, que ça leur plaise ou non. »

Également jointe par La Tribune, la conseillère Nathalie Boissé n’a pas qualifié le climat de travail de problématique.

« Il y a des débats et des discussions avec lesquelles on n’est pas d’accord et c’est correct, mentionne-t-elle. C’est normal qu’il y ait des débats, un peu comme dans une famille. C’est de bonne guerre. »

Le trio de conseillers a également précisé ne pas endosser les propos du maire entendus à la radio le 28 janvier concernant les retards dans les dossiers administratifs et l’avancement des travaux puisque « des faits importants avaient alors été omis ».

« À cela, je leur réponds : quels sont les faits importants omis? », résume le maire qui estime n’avoir décrit que des faits lors des entrevues.

Simon Roberge, Initiative de journalisme local, La Tribune