Tuerie dans le Vieux-Québec: les élus québécois observent une minute de silence

Caroline Plante
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QUÉBEC — Les députés de l'Assemblée nationale ont exprimé d'une seule voix mardi leur profonde tristesse face aux événements tragiques survenus à Québec dans la soirée du 31 octobre dernier.

Le soir de l'Halloween, un assaillant vêtu d'un costume médiéval et armé d'un sabre japonais a déambulé dans les rues du Vieux-Québec où il a tué deux personnes et en a blessé cinq autres.

Le Parti québécois (PQ) a présenté une motion au Salon bleu pour honorer la mémoire de Suzanne Clermont et de François Duchesne, tous deux brutalement assassinés.

Cette motion avait également pour but de souhaiter un prompt rétablissement aux blessés et saluer le travail des premiers répondants. Les élus ont observé une minute de silence à la mémoire des victimes.

«Les Québécois se sont réveillés dimanche matin en se disant: "Oh non, c'est pas vrai, c'est pas arrivé"», a commenté le premier ministre François Legault.

«C'est terrible parce qu'effectivement, Mme Clermont et M. Duchesne étaient au mauvais endroit au mauvais moment, et de façon totalement injuste, ont été tués par un homme qui, de toute évidence, avait des problèmes sérieux de maladie mentale.»

La cheffe de l'opposition officielle, Dominique Anglade, a pour sa part souligné que Mme Clermont était pour ses amis un «pilier», et que M. Duchesne était «l'homme le plus positif et le plus souriant du monde entier», selon ses proches.

«On leur a enlevé la vie, mais aucun acte de violence ne peut leur enlever ce qu'ils ont fait de leur vivant», a poursuivi la co-porte-parole de Québec solidaire (QS), Manon Massé.

Mardi soir, quelques centaines de personnes ont pris part à une veillée devant le pavillon Pierre Lassonde du Musée national des beaux-arts du Québec à la mémoire de François Duchesne, qui était directeur des communications et du marketing au musée.

Son frère Claude a notamment pris la parole. Plusieurs élus de l'Assemblée nationale s'y trouvaient pour montrer leur solidarité, aux côtés du maire de Québec, Régis Labeaume.

Débat national réclamé

Le débat dans la journée, mardi, s'était vite tourné sur l'enjeu de la santé mentale.

«On peut souligner le drame, on peut offrir nos sympathies, mais il y a des réflexions qui doivent s'imposer sur la santé mentale», a déclaré en point de presse le chef parlementaire du PQ, Pascal Bérubé.

Les partis d'opposition ont emboîté le pas au maire de Québec, Régis Labeaume, et réclamé un débat national sur l'enjeu de la santé mentale, ce que le gouvernement Legault semble écarter pour l'instant.

Lundi, le ministre délégué à la Santé et aux Services sociaux, Lionel Carmant, a annoncé l'ajout de 100 millions $ pour des services en santé mentale, tout en niant l'existence d'une crise sur cet enjeu.

«L'annonce du ministre Carmant en matière de santé mentale, ça ne doit pas être la fin du débat au Québec sur cette question; au contraire, ça doit être le début», a martelé le co-porte-parole de QS, Gabriel Nadeau-Dubois.

«Le Québec a besoin d'un grand débat de société sur la question de la santé mentale. Ça fait trop longtemps qu'on balaie cet enjeu-là sous le tapis», a-t-il ajouté.

L'ensemble des gouvernements qui se sont succédé ont leur part de responsabilité, selon Mme Anglade. Elle propose une commission parlementaire transpartisane pour aller au fond des choses.

«Ma pensée se résume en deux mots: travaillons ensemble. Unissons nos forces, nos intelligences, nos volontés (...) et faisons aboutir un plan qui soit à la fois révolutionnaire et efficace», a-t-elle déclaré.

«Il faut maintenant que l'enjeu de la santé mentale soit élevé au rang de priorité nationale», a renchéri Mme Anglade.

Le premier ministre Legault a assuré qu'il accueillerait «toutes les suggestions» pour faire de la santé mentale une «priorité, au moins autant que la santé physique».

Selon lui, avant la pandémie, 2 % des Québécois avaient un problème de santé mentale, alors qu'aujourd'hui, c'est 15 %.

Ce sera par contre aux députés qui siègent sur les différentes commissions de choisir ou non d'entreprendre un mandat, a-t-il dit. Les députés de la Coalition avenir Québec (CAQ) de M. Legault sont majoritaires au sein des commissions.

Caroline Plante, La Presse Canadienne