Un chantier-école du diamant

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Une formation pour des mineurs spécialisés dans le diamant commencera le 24 mai au Centre de formation professionnelle de la Baie-James (CPFBJ) avec,à la clé, un stage à la mine Renard.

« Il n’y a pas de date butoir pour les inscriptions mais des entrevues avec les candidats auront lieu autour de la 3esemaine d’avril », précisela directrice de services et de centre en formation professionnelle, Sonia Caron. Ensuite, les cohortes se feront en continu pour qu’il n’y ait pas de cessation à la mine.

« Nous sommes un des rares centres qui n’a pas de démarrage fixe pour l’année scolaire, précise Mme Caron. Il y a un démarrage tous les mois. »

Pour les 16 places disponibles dans cette cohorte, jusqu’à 40 inscriptions seront évaluées par la minière Stornoway, propriétaire de la mine Renard et nouvelle partenaire du CFPBJ : entrevues, tests médicaux et psychométriques, antécédents judiciaires, etc.

« Les mécanismes de sécurité sont plus élevés pour une mine de diamants », explique la directrice.

Exigences scolaires

Du côté scolaire, on demande un niveau de 3esecondaire en mathématiques, français et anglais, ou encore le Test de développement général (TDG) et français de 2esecondaire.

« La formation est ouverte à tout le monde.C’est une clientèle éclectique »,dit Mme Caron.En extraction minière, la moyenne d’âge est de 27 ans depuis cinq ans. « Cette année, elle était de 29 ans.Nous avons souvent des personnesqui réorientent leur carrière. Il y en a qui ont un baccalauréat. »

Elle note queles femmes sont représentées mais peu nombreuses. « Pas besoin d’être forte, pourtant. Une femme avec une bonne technique est très capable de manier une foreuse à béquille. »

Un nouveau partenariat

Stornoway s’ajoute donc à la liste des partenaires du CFPBJ dans le domaine minier, comme Hecla Québec, Casa Berardi, Newmont, Glencore, et Bonterra.

« Nous offrons de la formation continue pour toutes les minières, commente Sonia Caron. Avec Glencore, nous en sommes rendus aux 37eet 38ecohortes. Quand les gens de Stornoway sont venus nous voir, ils ont trouvé ça super intéressant. Ça a été très vite. Nous avons eu une rencontre en octobre et en décembre, l’entente était conclue, on commençait l’organisation logistique. »

Il s’agit d’une entente de trois ans.

La formation commence par environ deux mois d’apprentissages théoriques à Chibougamau, règles de santé et de sécurité, analyse de risque, où les élèves sont en partie jumelés avec ceux de Newmont.

Stage à Renard

Ensuite, les élèves effectueront un stage à Renard de quatre mois, soit environ 600 heures en navettage (fly-in fly-out) à partir de Chibougamau. Ils seront gratuitement transportés, logés (chambre individuelle) et nourris.

« Ce stage n’est pas rémunéré mais, assure Sonia Caron, c’est la norme en extraction de minerai; les stagiaires ne sont pas sur place pour la production mais pour apprendre. »

« Pendant le stage »,explique le coordonnateur des ressources humaines de Stornoway, Jérôme Dufour, « les stagiaires font peut-être 10 % dece que nos mineurs font. Ils creusent avec un jackleg. Ce qu’ils font en une journée, la machine jumbo le fait en 15 minutes. »

Par contre, les perspectives d’emploi sont excellentes. « Le marché a complètement fermé en avril 2020, rappelle M. Dufour. Ça a redémarré depuis le mois d’aout. Il y a une croissance de la demande et du prix. »

Stornoway offre à ses employés une prime de relocalisation à Chibougamau et Chapais équivalant à 15 %de leur salaire de base, une aide financière au déménagement de l’ordre de 10 000 $et plusieurs autres incitatifs.

Selon des chiffres du CFPBJ, un mineur peut gagner jusqu’à 40,37 $de l’heure, plus de 100 000 $annuellement avec les heures supplémentaires et les bonis.

Sonia Caron assure queles perspectives d’embauche au chantier-école du CFTPJ sont excellentes. « Casa embauche 100 %des étudiants à chaque cohorte, dit-elle. Newmont aussi. C’est une bonne occasion pour un élève qui veut, qui travaille bien. »

« L’industrie minière, ajoute Mme Caron, est mal connue au sud de l’Abitibi. C’est très sécuritaire, très contrôlé. Ça n’a rien à voir avec ce que c’était dans les années 80 et même 90. »

Denis Lord, Initiative de journalisme local, La Sentinelle