Un commerçant dénonce le flou des directives gouvernementales

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L’application des restrictions de vente dans différents secteurs d’activité économique n’est pas observée de façon égale pendant le confinement, ce qui met en rogne certains propriétaires d’entreprises.

C’est le cas au Saguenay alors que le concessionnaire du garage Lebeau vitres d’autos du boulevard Saint-Paul, à Chicoutimi, voit une partie de son chiffre d’affaires lui glisser entre les mains dans le secteur de la pose des démarreurs à distance.

En entrevue, le concessionnaire Lambert Gaudreault explique qu’à la suite d’une recommandation faite par son franchiseur Belron Canada, il a cessé de procéder à l’installation de démarreurs à distance afin de respecter les directives de la Santé publique qui demandaient de s’en tenir à la fourniture de services essentiels uniquement.

« Notre franchiseur nous a demandé de s’en tenir à remplacer et réparer des pare-brise et à installer des “tags” pour systèmes d’alarme », explique M. Gaudreault.

À la suite des directives émises, Lambert Gaudreault a donc communiqué avec chacun de ses clients afin d’annuler les rendez-vous qui avaient été pris à partir du 11 décembre pour la pose de démarreurs à distance.

Or, lors de la poursuite des opérations de son commerce, M. Gaudreault se fait dire par ses clients que d’autres commerces oeuvrant dans le secteur automobile installent des démarreurs à distance.

Vérifications faites par Le Quotidien, des commerces offrent effectivement des rendez-vous pour la pose de tels systèmes, au grand découragement de M. Gaudreault.

Il estime qu’il s’agit d’une situation tout à fait injuste pour ceux qui respectent la règle de s’en ternir aux activités dites essentielles. « Quand les autres ne respectent pas ça, pourquoi je devrais le respecter ? Je pense que c’est à chaque commerce de respecter les règles. Habituellement, il entre de huit à dix clients dans mon commerce. J’ai droit à seulement deux. On s’organise pour être réglementaires », affirme-t-il.

Le garagiste dénonce le fait que les directives émises par le gouvernement et la Santé publique ne soient pas édictées de façon claire et précise.

Il entend demander à son franchiseur d’où provient sa directive de ne pas installer de système de démarrage à distance. « Est-ce que c’est mon franchiseur qui est dans le champ ? », interroge-t-il.

Il ajoute avoir fait appel aux policiers pour les informer de la situation, mais le tout s’est soldé par une simple visite de patrouilleurs, sans plus.

Il déplore le flou entourant les directives gouvernementales puisqu’il estime avoir perdu l’équivalent de deux semaines de travail. « En janvier, on fait généralement de bonnes affaires. Là, ça nous coupe de 50% », conclut-il.

Denis Villeneuve, Initiative de journalisme local, Le Quotidien