Un écrin de nature à Bolton-Est protégé à perpétuité

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L’organisme de conservation Corridor appalachien a fait l’acquisition d’une vaste propriété à haute valeur écologique, après quatre ans de travail, à Bolton-Est. Le trait d’union pour connecter les aires protégées du massif du mont Chagnon et celles des massifs des monts Foster et Glen grandit tranquillement, mais sûrement.

Lorsque les biologistes, qui évaluent la valeur écologique de plusieurs terres par année, sont revenus de leur analyse de cette propriété de 125 hectares, ils avaient les yeux pétillants.

«Ils étaient emballés par ce qu’ils avaient vu, raconte Mélanie Lelièvre, directrice générale de l’organisme, en entrevue. Les anciens propriétaires faisaient de l’aménagement forestier. Quand les biologistes sont allés là, ils s’attendaient à voir une propriété qui avait été exploitée, sans gros arbres. En raison de la topographie et des milieux humides, il y avait beaucoup de zones du terrain qui n’avaient pas été récoltées.»

Ils y ont trouvé des forêts âgées au sol riche, des ruisseaux à l’eau froide et limpide — éléments essentiels pour la vie aquatique — ainsi que divers milieux humides. Chose rare dans la région, selon Mme Lelièvre, il y a deux tourbières, dont l’une s’étend au-delà de la propriété Nadeau.

Pas moins de 12 espèces en situation précaire au Québec et/ou au Canada ont été recensées durant les visites des biologistes, ainsi que 44 espèces d’oiseaux et 192 espèces floristiques.

La taille de la propriété ainsi que sa situation géographique en faisaient également un atout pour l’aire de conservation.

«C’est un très beau morceau ! La taille de la propriété est vraiment considérable. Des propriétés de cette taille-là dans le secteur du mont Chagnon, il n’y en a presque pas ou il n’en reste plus. C’est vraiment déjà un gros gain. C’est contigu à d’autres aires protégées, donc ça vient consolider les efforts de conservation du secteur.»

Son positionnement sur le flanc nord du mont Place permet également de continuer le corridor vers le mont Foster. Mme Lelièvre compare cette terre à une pièce clé dans le casse-tête pour créer un corridor permanent facilitant le déplacement des animaux, notamment provoqué par les changements climatiques.

Des programmes bienvenus

Les discussions entre les anciens propriétaires et Corridor appalachien ont débuté doucement il y a quatre ans.

«L’évaluation écologique a été la bougie d’allumage. On a réalisé que c’était du sérieux et c’est devenu une priorité.»

Les propriétaires ont été coopératifs, assure Mme Lelièvre, mais souhaitaient vendre à la valeur marchande. Il y a un an exactement, ils en sont venus à une entente sur la valeur de la propriété.

Le travail a ensuite été entamé pour trouver l’argent et faire le travail entourant la transaction. Le coût global de ce projet est de 822 000 $.

Heureusement, «des programmes ont été mis sur pied l’an passé et ça nous a permis d’envisager l’acquisition de la propriété», souligne la directrice générale. Des appuis financiers de Québec via le Projet de partenariat pour les milieux naturels, de la Fondation de la faune du Québec, de la municipalité de Bolton-Est ainsi que du U.S. Fish and Wildlife Service et de la Fondation Echo ont permis d’acquérir la propriété. Ottawa a aussi contribué via le Programme de conservation du patrimoine naturel.

Le travail a été mené de pair avec l’organisme membre Conservation des vallons de la Serpentine (CVS), qui a identifié la propriété et a amassé des fonds auprès de la population pour compléter le montage financier.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est