Un dernier week-end pour pêcher le poulamon

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Sainte-Anne-de-la-Pérade – Voilà que s'achève la 83e saison de la pêche au poulamon à Sainte-Anne-de-la-Pérade, une saison qui fût tout, sauf ordinaire, mais qui aura permis de valider, pour les organisateurs notamment, qu'il est possible de tenir un événement en faisant preuve de prudence.

«Pour nous, tout a été parfait. On a su faire la preuve qu'on est capable de faire les choses de la bonne façon», lance, fier, le président de l'Association des pourvoyeurs de la rivière Sainte-Anne, Steve Massicotte.

«Quand on sait se discipliner, ce sont les gens qui sortent gagnant de ça. On a eu zéro éclosion. Je ne regrette en rien d'avoir tenu l'activité», souligne M. Massicotte.

Cette discipline, elle a été validée sur place par la Santé publique qui est allée sur place s'assurer que les activités se déroulaient dans les règles de l'art.

«Nous avons effectué une visite préventive et nous avons rencontré les pourvoyeurs pour prendre acte des mesures en place», raconte Kellie Forand, agente d'information au CIUSSS Mauricie – Centre-du-Québec.

«Nous avons remarqué que l'Association faisait une bonne prise en charge des pourvoyeurs. Nous avons effectué quelques recommandations mineures seulement», ajoute-t-elle.

Madame Forand souligne que des commerces environnant ont également reçu la visite de la Santé publique.

«Notre mandat est aussi de nous assurer de la santé des travailleurs et des bénévoles.»

«C'est un bel accomplissement pour nous d'avoir une telle évaluation de la Santé publique. J'en suis très fier», souligne Steve Massicotte.

La mairesse Diane Aubut, qui n'a jamais caché son inquiétude de voir l'événement être tenu malgré la pandémie, s'est dite soulagée de voir que tout s'était déroulé dans l'ordre.

«Somme toute, ça s'est bien passé. C'est rassurant de voir qu'il n'y a pas eu de cas, mais les gens sont restés inquiets tout au long de la saison de pêche. Cette année était particulière. On souhaite que l'année prochaine, ce soit une saison normale. C'est un événement important pour la municipalité.»

La députée de Champlain Sonia LeBel se réjouit elle aussi de voir que l'événement s'est déroulé sans anicroche, elle qui a milité en faveur de l'Association à un certain moment des réflexions.

«J'ai appuyé la question de l'équité. La pêche blanche était permise ailleurs au Québec et j'ai appuyé le fait qu'on puisse faire la même chose à Sainte-Anne-de-la-Pérade. Moi, je suis neutre là-dedans, mais je comprends les deux parties qui ont dû faire preuve de patience en raison de l'espèce de ''limbo'' dans lequel on s'est retrouvé pendant quelques jours. Au final, c'est la Santé publique qui décide», explique-t-elle.

Maintenant que cet événement a été tenu avec succès en présentiel, moyennant les consignes sanitaires, est-ce que ce succès pourrait donner l'idée à d'autres organisations de tenter, elles aussi, de présenter le fruit de leur travail?

«Ce sera à voir avec la Santé publique. C'est important de rassurer les gens dans ce genre de démarche. Nous sommes en discussion constante avec les organisations de toutes les sphères, mais c'est difficile parce que la situation évolue, c'est tellement de l'impondérable. Chose certaine, on va continuer à accompagner les organismes. Plus on est capables de montrer que ça se passe bien, plus on se donne de chances», avoue celle qui est aussi présidente du Conseil du Trésor.

Froid entre la mairesse et l'Association?

Les paroles de la mairesse de Sainte-Anne-de-la-Pérade, voulant qu'elle «ne cautionnait pas» la présentation de l'événement ne sont pas passé inaperçu, quelques semaines avant le début de la saison de pêche et n'ont pas nécessairement fait l'affaire des pourvoyeurs et de certains citoyens.

Pour Diane Aubut toutefois, il faut remettre le compteur à zéro.

«C'est certain qu'on va reprendre contact avec l'Association quand la saison sera terminée. On leur a toujours dit que la municipalité soutiendrait l'événement. Je suis certaine que ça va bien aller et que les dirigeants seront ouverts. Il faut travailler ensemble.»

À l'Association des pourvoyeurs, Steve Massicotte entend laisser retomber la poussière.

«On travaillera avec le conseil municipal qui sera en place», s'est-il contenté de mentionner.

En attendant la suite de l'histoire, les chalets de pêche affichent complet pour le dernier week-end d'activités.

«Ça finit très bien la saison», sourit M. Massicotte.

Marc-André Pelletier, Initiative de journalisme local, Le Nouvelliste