Un festival montréalais géré à partir de Baie-Johan-Beetz

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Gérer un festival montréalais de courts-métrages internationaux à partir de Baie-Johan-Beetz? Chose dite, chose faite pour Benoit Desjardins, fondateur et directeur général du festival Longue vue sur le court, qui s’est installé fin septembre dans le village de moins de 100 habitants.

Censé se dérouler au mois d’avril, l’événement s’est fait mettre KO par la pandémie de COVID-19, mais les organisateurs n’ont pas abandonné le combat pour autant. Ils ont choisi de présenter la programmation jeunesse en ligne, qui a récolté un engouement inattendu. « On s’est rendu compte que des gens d’un peu partout, du Québec mais aussi d’ailleurs dans le Canada, aux États-Unis et en France, avaient suivi le festival », relate Benoit. L’idée d’un volet web est amenée à la table à dessin. Pendant ce temps, l’appel de la Minganie résonne dans les oreilles du père de famille.

« Ma conjointe et moi étions venus, en 2003, enseigner à l’école Uauitshitun [NDLR : située dans la communauté innue de Nutashkuan]. Nous avions fait de la suppléance, ce qui nous avait permis de connaître plein de gens par l’entremise des profs », se souvient-il.

La famille est revenue souvent en vacances et l’idée de déménager dans la région demeure. « Depuis longtemps, à la blague, on disait “Ah, vous allez voir! Un jour, on va revenir sauver l’école” et qu’on viendrait s’installer ici avec nos deux filles en bas âge », s’amuse-t-il. Avec la pandémie et le passage au télétravail, tout déboule rapidement.

« Montréal est tombée dans le rouge, nos partenaires de diffusion ont annulé les spectacles, on a décidé qu’on faisait tout le festival en ligne… Finalement, je peux tout faire ici, j’ai juste augmenté mon forfait Internet! », s’exclame Benoit, qui multiplie les rencontres via la plateforme de visioconférence Zoom, les échanges de courriels et les téléphones pour mener à terme le festival.

L’édition 2020 de Longue vue sur le court, entièrement virtuelle, propose 76 courts-métrages d’ici et de l’international, accessibles aux tout-petits comme aux plus grands. « Les courts-métrages, c’est une montagne russe d’émotion : tu peux commencer avec une comédie, tomber dans un documentaire très dramatique, puis après un film touchant, tout ça en moins de 30 minutes », dénote Benoit.

Le festival Longue vue sur le court se déroule du 21 au 29 novembre.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur