Un Franco-Ontarien laisse sa marque à Duke University of Law

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Charlie Wowk a toujours su ce qu’il voulait faire dans la vie : pratiquer le droit. Le jeune homme de 24 ans, qui a grandi à Haileybury, étudie actuellement en Caroline du Nord, à Duke University School of Law. Il s’agit d’une université qui possède de nombreux centres de recherche. À l’été 2020, le futur avocat fut embauché par l’un d’eux, le Global Financial Markets Center. Ainsi, à titre d’assistant de recherche, il a collaboré à une importante recherche sur l’impact des changements climatiques sur les marchés financiers, notamment en raison de l’absence de réglementation aux États-Unis. Le rapport sur lequel il a planché pendant plusieurs mois, Climate Risk Disclosures & Practices, a finalement été publié le 19 octobre dernier. C’est avec fierté que le Franco-Ontarien a accepté de nous parler de cette expérience de travail hors du commun.

Les grandes lignes du rapport

Le rapport présente l'incapacité des régulateurs financiers américains à prioriser le changement climatique dans leurs mandats. De plus, il évalue les menaces qui planent sur les marchés financiers et sur l’économie en général en raison du manque d’informations. Ce qu’il faut retenir, c’est que les régulateurs américains doivent créer un cadre législatif obligeant les entreprises à identifier les risques liés au climat et à divulguer ces risques aux investisseurs. Et ce cadre doit être nécessaire pour les entreprises publiques, les entreprises privées et les grandes institutions financières.

« En termes simples, tout le monde sait que les phénomènes météorologiques extrêmes se multiplient en raison du changement climatique d'origine humaine. Les impacts physiques du changement climatique sont évidents, car les tempêtes, les inondations, les sécheresses et les incendies de forêt ont des effets directs sur la santé publique, l'agriculture, les propriétés résidentielles et les infrastructures publiques. Mais le rapport met l'accent sur les conséquences qui sont moins évidentes, mais tout aussi importantes, soit les effets que le changement climatique aura sur les marchés financiers et la stabilité économique. Pour que les marchés financiers fonctionnent efficacement, les informations liées aux risques climatiques doivent être évaluées de manière approfondie et précise et elles doivent être divulguées aux investisseurs de manière décisionnelle. Mais il existe actuellement un manque de transparence très problématique en ce qui concerne les informations liées au climat. »

L’expérience de travail

Le rapport est un travail d’équipe. Ils sont nombreux à avoir contribué au résultat final, mais il n’en demeure pas moins que Charlie Wowk en est un des auteurs principaux. Il a travaillé en plus étroite collaboration avec son patron, Lee Reiners, chargé de cours à Duke University School of Law et directeur exécutif du Global Financial Markets Center. « Lee Reiners possède une grande expertise au sujet des marchés financiers et de la réglementation financière. Moi, en tant qu’assistant de recherche, j’étais responsable d’une grande partie de la recherche et de la rédaction. » Pour Charlie Wowk, l’expérience fut enrichissante puisqu’elle lui a permis de rencontrer de nombreux experts et d’en apprendre beaucoup sur les marchés financiers et la complexité des systèmes financiers américains et mondiaux. « Ce travail permettait une grande flexibilité. J’ai donc pu travailler à distance et revenir au Canada pendant un mois. Ma mère en était très contente. » Il se dit extrêmement fier d’avoir contribué à la production d’un rapport aussi complet et profond alors qu’il existe encore très peu de littérature sur le sujet. Humblement, monsieur Wowk avoue que ses connaissances étaient d’abord limitées en matière de changements climatiques et de divulgations d’informations. Rédiger un rapport de soixante pages sur le sujet fut donc son plus grand défi puisqu’il a dû s’approprier la matière de manière à condenser et à expliquer le tout dans un langage accessible au grand public. « Il était également difficile de passer mes journées à l’intérieur à faire de la recherche alors que j’avais une vue sur la plage depuis ma fenêtre. »

Charlie Wowk obtiendra son diplôme de droit en mai 2021. Au mois de juillet de la même année, il devra passer l’examen du barreau pour obtenir l’autorisation de pratiquer le droit dans l’État de New York. Un emploi l’attend déjà chez Sullivan & Cromwell, un cabinet d’avocats international basé à New York. « Je pourrai explorer différents aspects du droit des sociétés, comme les fusions, les acquisitions ou les faillites, jusqu’à ce que je trouve mon créneau. » Et pour obtenir un emploi à New York, Duke University s’avérait un choix stratégique puisque cette institution fait partie des meilleures écoles de droit dans le monde. Voilà un avenir qui s’annonce très prometteur pour ce jeune Franco-Ontarien!

Dominique Roy, Initiative de journalisme local, Reflet Témiscamien (Le)