Un métier qui perdure dans le temps

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Le métier de cordonnier figure sans doute parmi les plus vieux métiers du monde. Une profession qui n’a pas tant changé au fil des dernières décennies. C’est plutôt la qualité des produits d’aujourd’hui qui a changé… et pas pour le mieux.

« Dans la chaussure, on n’a plus la qualité d’autrefois. L’arrivée du plastique a changé la chaussure et ça la rend très difficile à réparer. Il n’y a pas de renfort, c’est mou et on retrouve surtout du collage. Ce n’est pas comme dans les années 70 ou 80 où les souliers étaient cousus avec une semelle Goodyear », explique Rémi Bouchard.

Il affirme qu’il y a bien sûr toujours des produits de qualité sur le marché et il se fait d’ailleurs un point d’honneur à s’approvisionner auprès de marques durables pour son magasin. Toutefois, il est facile de se procurer un produit bon marché dont la durée de vie sera très courte.

Dans le vêtement, l’arrivée de marques plus haut de gamme a changé la donne.

« Les réparations sont devenues plus difficiles que dans le passé. À l’époque, on faisait beaucoup de veste de motoneige, de vêtements de travailleurs forestiers, on était plus dans le rough. Ensuite, il y a eu les vestes de cuir et sont arrivés les vêtements plus dispendieux comme Chlorophyle. Ça demande plus d’attention, car c’est du vêtement haut de gamme. »

La retouche la plus difficile dans le vêtement demeure le remplacement d’une fermeture éclair, ce qui exige d’être bien aligné et d’éviter que le tissu ne gondole.

Réparation

Si plusieurs cordonniers font la majeure partie de leurs affaires avec la vente au détail de vêtements et de chaussures, la Cordonnerie Bouchard demeure très active dans la réparation.

« La vente de vêtements est importante, mais on se fait vivre aussi avec les réparations. Par contre, ça implique qu’il faut être là et travailler. Surtout qu’on essaye de répondre rapidement à notre clientèle avec une réparation souvent le jour même. »

Heureusement, Rémi Bouchard compte sur l’aide de son oncle Gilles qui, à 77 ans, demeure un rouage important de l’atelier. Depuis une quarantaine d’années, Gilles Bouchard est présent à la cordonnerie, même lorsqu’il menait une autre carrière en parallèle.

« J’ai toujours travaillé alors je continue. Sinon, je vais faire quoi? Rester chez nous devant la télé? Je vais bien trop m’ennuyer. Ce n’est pas un travail difficile. On est à la chaleur et ce n’est pas dur physiquement. Pourquoi j’arrêterais! », lance-t-il.

Serge Tremblay, Initiative de journalisme local, Le Lac St-Jean