Un Plan d’adaptation aux changements climatiques bientôt adopté dans les Sources?

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En préparation depuis 2019, le Plan d’adaptation aux changements climatiques de la MRC des Sources devrait être conclu pour le mois d’août.

« En 2019, on a reçu une subvention [NDLR de 58 000 $] octroyée par la Fédération canadienne des municipalités, explique le coordonnateur en sécurité publique de la MRC des Sources, Jérémy Parent. On nous donnait un délai de deux ans pour réaliser notre plan. Avec la pandémie, il est prévu de le finir cet été. »

La MRC reconnaît donc les changements climatiques. « On sait ce qui va arriver et on se prépare, précise M. Parent. On s’adapte tout de suite à ce qui nous attend demain matin. Quand on regarde les prévisions climatiques, même si on réduit drastiquement nos gaz à effet de serre, la situation ne changera pas tant que ça d’ici 2050. La courbe va s’aplatir après 2050. Le scénario pour les 30 prochaines années est connu, il faut agir maintenant. »

« Dans une première version d’un plan d’adaptation, je vise des petites victoires, poursuit-il. Il faut réussir à mettre des projets en branle, à rédiger des politiques pour que notre plan connaisse du succès et qu’on ait envie de s’investir encore plus pour les versions subséquentes. »

Concrètement

Après avoir fait une première ébauche des événements qui se sont déroulés dans la dernière année sur le territoire, Jérémy Parent regarde maintenant avec les municipalités quelle est la capacité d’adaptation. « Nous faisons des ateliers de travail avec les municipalités pour identifier ce qu’ils connaissent des aléas sur le territoire, quelles sont les projections, si nous sommes capables de nous adapter et au final, nous allons revenir avec une appréciation des risques. On prévoit faire une appréciation des risques sur un horizon de cinq ans, qu’on pourra réviser au fil du temps », indique le coordonnateur.

Et quelles sont ces projections? « On peut s’attendre à une augmentation des précipitations liquides à l’échelle annuelle et à des augmentations des températures. Les municipalités devront s’adapter. [...] C’est la gestion des cours d’eau. Si on augmente l’intensité et la fréquence des pluies, ça va avoir un impact direct sur le dynamisme de l’eau. Il faut considérer notre aménagement quand on va faire des aménagements en cours d’eau », répond-il, ajoutant que les données sont basées sur le consortium climatique Ouranos.

Concrètement, les citoyens pourraient être impactés par ce plan. « On pourrait intégrer des gestions de l’eau à la source en milieu urbain. On pourrait intégrer des jardins d’eau, des cellules de biorétention, qui fait en sorte que l’eau percole sur le terrain de la personne et ne ruisselle pas nécessairement », cite M. Parent en exemple, ajoutant que ce genre de stratégie pourrait être encadrée par un programme de subvention finançant les travaux, un programme de sensibilisation ou un règlement municipal.

Les citoyens des Sources d’ailleurs sondés via les réseaux sociaux et le site Web de la MRC, probablement au mois d’avril. « On va aller chercher les intérêts et les préoccupations des citoyens. On va aller sonder pour savoir ce qui devrait être la priorité en termes d’adaptations aux changements climatiques », affirme-t-il, ajoutant que le sondage n’est pas encore terminé.

La MRC prévoit également acquérir des connaissances scientifiques sur la corrélation entre les pluies diluviennes à venir et les inondations.

Force de frappe

Plutôt que de laisser les municipalités s’en charger, la MRC des Sources a décidé de plancher sur ce projet en groupe. « À l’échelle des MRC, on a une vision macro. On a des outils et des compétences qui s’imposent. On peut penser au schéma d’aménagement qui va dicter les réglementations et les grandes affectations du territoire. Avec les changements climatiques, on peut revoir nos cartographies pour élargir nos zones inondables pour ne pas construire dans un secteur qui sera très problématique dans 50 ans », résume M. Parent.

Ce programme est issu des préoccupations soulevées dans l’Agenda 21, qui sont les grandes orientations du territoire pour les cinq années à venir. Dans la première version de 2014, la MRC avait identifié la lutte aux changements climatiques, la sécurité et le bien-être des personnes comme étant des préoccupations et des enjeux dans le développement territorial.

Tommy Brochu, Initiative de journalisme local, La Tribune