Un projet commercial dans l’ancienne usine d’Agropur de Chambord

·4 min read

Un projet de location d’espaces commerciaux se dessine dans l’ancienne usine d’Agropur de Chambord. Des promoteurs du Lac-Saint-Jean ont déposé une offre afin d’acquérir le complexe fermé depuis une vingtaine d’années.

L’usine désaffectée, fermée depuis 2002 et située en bordure de la route 169 dans la petite municipalité jeannoise, serait convertie en espaces locatifs commerciaux qui pourraient accueillir différents types d’entreprises.

Le projet prendrait une forme semblable à celui du Complexe BC de Saint-Prime, a expliqué en entrevue le maire de Chambord, Luc Chiasson. Des entrepreneurs y ont transformé l’ancienne usine des Industries Tanguay en condominium d’affaires, après avoir acquis le bâtiment en 2015.

Les élus de Chambord ont adopté, lundi soir, lors de la séance du conseil municipal, une modification réglementaire au schéma d’aménagement de la MRC du Domaine-du-Roy afin de permettre divers usages commerciaux demandés par le groupe de promoteurs privés intéressés par le terrain zoné industriel.

« On a décidé d’aller de l’avant là-dessus, puisque ça peut prendre quand même plusieurs mois, a indiqué le maire Chiasson, au sujet des étapes administratives liées à de telles modifications. Et dans le cas, par exemple, où le projet n’irait pas de l’avant, ça rouvre plusieurs possibilités pour d’autres personnes. »

Le site pourrait être utilisé pour des commerces reliés à l’automobile, à la vente ou encore à la location d’équipements, peut-on lire dans la résolution qui vise à offrir un « éventail de possibilités locatives ».

La vente de machinerie lourde, de matériaux de construction, des bureaux de vente de chalets préfabriqués et de maisons, l’offre de services agricoles ou animaliers, de services de construction, de transport par camion, d’entreposage et d’entretien, de services routiers ou encore du commerce de gros seraient également permis dans les installations, parmi les nombreuses possibilités d’usages ajoutées.

Les promoteurs préfèrent demeurer discrets et ne pas prendre la parole publiquement en attente des développements du projet, a-t-on indiqué au Quotidien.

Une promesse d’achat et d’autres acheteurs potentiels Une autre étape du projet pourrait être franchie prochainement, alors qu’une promesse d’achat a été acceptée par le propriétaire de l’ancienne usine d’Agropur, Bélanger Métal, une entreprise qui oeuvrait dans la récupération de métaux à Trois-Rivières.

Cette offre est toutefois conditionnelle, notamment, aux résultats de tests de contamination des sols, dont l’analyse est en cours, a précisé le courtier immobilier Rémi Leclerc, qui est en charge du dossier.

Il a espoir qu’une transaction pourra être conclue d’ici juin. « Ils sont avancés, ils ont vérifié pour le financement », a-t-il indiqué, en parlant des promoteurs au cœur du projet, qui sont des membres d’une même famille.

L’ancienne usine suscite de l’intérêt depuis sa mise en vente, il y a un an et demi. Une dizaine de visites ont eu lieu, dont de promoteurs de l’extérieur de la région. D’autres acheteurs potentiels sont également prêts à aller de l’avant si la présente promesse d’achat tombe à l’eau, mentionne M. Leclerc.

Vols et vandalisme sur le site Cet intérêt est lié au bas prix du complexe, qui intrigue plusieurs acheteurs. Le site industriel désaffecté est à vendre au coût de 399 000 $, sous l’évaluation municipale de 463 500 $. Un prix qui s’explique par l’état du bâtiment.

« C’est sûr que c’est une usine qui vaut 15 ou 20 M$, mais là, il n’y a rien dedans, laisse tomber Rémi Leclerc. L’électrique ; tout est arraché. Il n’y a plus rien, tout est cassé, tout est fini. »

Des vols et du vandalisme ont défiguré l’intérieur du complexe industriel, au cours des dernières années, a expliqué le courtier immobilier, depuis que Bélanger Métal a cessé d’utiliser les lieux pour ses activités de traitement des métaux.

Bélanger Métal a d’ailleurs cessé ses opérations dans le domaine à Trois-Rivières en 2019, en vendant ses actifs à AIM. Son président, Guy Bélanger, est aujourd’hui à la retraite.

La Sûreté du Québec confirme de son côté que des dossiers pour des introductions par effraction, vols de cuivre et méfaits ont été ouverts dans les dernières années dans ce secteur industriel à Chambord.

Plusieurs projets depuis 20 ans Le maire de Chambord, Luc Chiasson, espère que cette fois-ci sera la bonne, alors que les projets se sont succédé, depuis une vingtaine d’années, pour le site, sans jamais se concrétiser et donner un second souffle à l’ancienne usine d’Agropur.

« On a eu en décembre notre cadeau de Noël avec la réouverture de Norbord, c’est sûr que si on avait une autre réouverture de ce côté-là, ça serait vraiment une très belle nouvelle », a souligné celui qui compte d’ailleurs solliciter un deuxième mandat lors des élections municipales à l’automne.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien