Une aide peu connue pour les PME

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Le CLD de Brome-Missisquoi invite les très petites, petites et moyennes entreprises qui ont un manque de liquidité à le contacter pour déterminer si elles sont admissibles à un programme d’aide d’urgence (PAUPME), dont une partie peut se transformer en subvention.

« Le salon de coiffure, la petite boutique du coin et même la cantine, ils peuvent passer par le prêt pour avoir un pardon de prêt qui va jusqu’à 80 % du prêt initial. On ne demande pas la rentabilité de l’entreprise, on vise la viabilité, indique Isabelle Dumont, conseillère en développement d’entreprises au CLD. Il faut que leurs problèmes découlent de la pandémie et non d’avant la pandémie. »

Le prêt permet d’éponger un manque de liquidité résultant de la pandémie. Il est accessible à toutes les PME, même si elles n’ont pas été obligées de fermer leurs portes depuis le début de la deuxième vague de COVID-19.

Le pardon de prêt, soit le AERAM, qui permet aux entrepreneurs d’être libérés d’une partie de cette dette, s’applique aux frais fixes des PME qui ont été fermées par décret gouvernemental. Gym, restaurant, services non essentiels ne sont que quelques exemples des entreprises admissibles.

Selon Mme Dumont, ce ne sont pas toutes les PME qui sont au courant de l’existence de ces programmes. Le CLD joue le rôle de facilitateur dans la demande. La conseillère prend le temps de bien vulgariser le programme et le CLD a même élaboré un formulaire simple pour déterminer l’admissibilité.

Une pression de moins

La Galerie Artêria, à Bromont, a eu droit à un prêt ainsi qu’à un pardon de prêt puisqu’elle a dû fermer à partir des Fêtes.

La propriétaire Geneviève Lévesque a eu une « petite panique » quand le gouvernement a annoncé que les commerces non essentiels allaient devoir fermer à partir du 24 décembre.

Elle avait déjà vécu une première fermeture de trois mois au printemps. De plus, ses employés ne peuvent plus voyager à travers le monde pour vendre des tableaux d’artistes québécois. Le chiffre d’affaires de la petite entreprise bromontoise a donc fondu depuis maintenant un an.

Le programme d’aide a permis la survie de la galerie d’art.

« Ça enlève une pression, ça nous donne de meilleures nuits, confie Mme Lévesque. On pense qu’on va passer à travers, mais on ne sait pas combien de temps il faut survivre, donc tous les petits coups de pouce font la différence. De sentir qu’on n’est pas laissé à nous-même, de sentir que les gens croient en notre projet, ça fait du bien. »

L’exportation d’œuvres d’art se poursuit, mais repose sur la réputation que la galerie auprès de clients réguliers qui leur font confiance.

Processus simplifié par le CLD

La coiffeuse Nathalie Dépeault, de Coiffure Ovima à Farnham, peut mieux respirer grâce au programme d’aide d’urgence pour les PME et au pardon de prêt.

Elle a trouvé le processus simple et efficace avec le CLD.

« Quand on a fermé le 24 décembre, on devait fermer jusqu’au 8 janvier seulement. J’avais assez d’argent d’accumulé pour le loyer, mais la fermeture s’est prolongée. Je ne me qualifiais pas pour de l’aide au loyer au fédéral et quand je regardais les critères des autres programmes, je ne fittais dans rien. Ça commençait à m’apeurer parce que je voyais les prochains mois s’en venir vite. »

En deux semaines, le processus pour accéder au PAUPME était complété et Mme Dépeault obtenait de l’aide financière. « Ça réduit beaucoup d’anxiété de savoir qu’on peut compter sur de l’aide. Je me suis sentie bien accompagnée. Je me sentais moins seule. »

Quelques éléments du programme de pardon de prêt ont été modifiés. Les mois de novembre et de décembre ne sont plus admissibles pour les nouveaux demandeurs. Par contre, si l’entreprise a dû fermer plus de 90 jours, elle aura droit à un ou deux mois supplémentaires de pardon de prêt, indique Isabelle Dumont.

Elle invite les entrepreneurs et travailleurs autonomes à la joindre au 450 266-4928, poste 301, ou par courriel au idumont@cldbm.qc.ca pour obtenir des informations et vérifier leur admissibilité.

Au cours des derniers mois, le CLD de Brome-Missisquoi a reçu 375 demandes d’information et 120 demandes d’aide financière. Les membres de son équipe de conseillers ont ouvert 95 dossiers et approuvé 85 demandes de prêt. Dix dossiers sont toujours à l’étude.

L’organisme s’est déjà vu attribuer une demi-douzaine de subventions gouvernementales, dans le cadre du Fonds local d’investissement (FLI) d’urgence, pour soutenir la communauté d’affaires locale. Une bonne partie de cette somme, soit environ 2,65 M$, a déjà été redistribuée à quelque 77 entreprises sous forme de prêts d’une valeur moyenne de 34 400 $.

« Nous disposons présentement d’une réserve de 869 000 $ pour répondre aux nouvelles demandes d’aide financière », souligne Mme Dumont.

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est