Une année municipale 2021 sous le signe du développement touristique

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Le développement des infrastructures touristiques est dans la mire des trois municipalités de l’est de la Minganie pour 2021, contre-coup implicite des débordements survenus lors de la dernière saison estivale.

L’accent sera mis sur les campings municipaux. À Natashquan, on compte ajouter une quinzaine de places pour les véhicules récréatifs et les tentes au camping Chemin Faisant et finaliser les nouveaux règlements municipaux liés au tourisme. À Baie-Johan-Beetz, le développement passe par la structuration du site derrière le quai, où ont été envoyés les touristes en quête d’une place où dormir. « L'an passé, on a été chanceux parce que tout s'est bien déroulé, mais c'était quand même chaotique », déclare le maire, Martin Côté. Trouver un moyen d’enregistrer les campeurs, déterminer le nombre maximal d’occupants, identifier les places disponibles et engager une personne pour l’entretien du site permettraient d’encadrer les activités au camping et de mieux accueillir les visiteurs.

En parallèle, la restauration du sentier Piashti, situé près de l’entrée est du village, ajouterait aux attraits de plein air pour les touristes et les résidents, estime M. Côté, en soulignant qu’il vise l’automne prochain pour la réalisation de ces travaux.

À Aguanish, il sera question d’améliorer les infrastructures touristiques pour « mieux accompagner les visiteurs et les gens du village », informe la directrice générale de la municipalité, Marlène Blais, « mais tout n’en est qu’aux balbutiements de projets ». Pour 2021, la mise aux normes de l’établissement municipal et de la station d’eau potable, ainsi que l’installation des afficheurs de vitesse font partie des priorités.

La mise en place des panneaux de vitesse électronique s’inscrit aussi dans les projets de la municipalité de Natashquan, tout comme l’embellissement du village. « On aimerait acheter des poubelles, mettre des bacs à fleurs… Je ne veux pas trop en dire, mais on a de belles idées pour 2021 », glisse la mairesse, Marie-Claude Vigneault. Les dossiers de la relocalisation du hameau de Pointe-Parent et du port de pêche seront poursuivis.

Du côté de Baie-Johan-Beetz, le début de 2021 laisse présager une année bien occupée. Martin Côté veut concentrer une bonne partie de l’effort sur le développement résidentiel, en continuation de la stratégie de marketing territorial adoptée en 2020. La municipalité possède 11 terrains cadastrés, dans le secteur est de la rue Bellevue, qui pourraient servir à accueillir de nouveaux résidents. « Vu que la santé financière [de la municipalité] est bonne, on pense qu’on peut bien planifier pour faire la rue, au moins y amener les services », avance le maire, en ajoutant qu’il faut avant tout savoir quelle entité serait chargée de la construction et la gestion des habitations. « Pour l’instant, on a rouvert le dossier pour faire faire des études afin d’avoir une idée du prix que ça coûterait et quelle technologie serait la plus appropriée pour les eaux usées. »

La mise aux normes de l’usine de traitement d’eau potable, un enjeu qui dure depuis 2008, devrait normalement aller de l’avant, selon M. Côté, qui a indiqué déposer bientôt une demande dans le cadre du Programme d’infrastructures municipales d’eau (PRIMEAU) du ministère des Affaires municipales et de l’Habitation (MAMH). En ce qui a trait à la carrière que désire rouvrir l’entreprise Dexter, la municipalité pense plutôt tabler sur un possible projet de plantation d’arbustes fruitiers résistants au climat nordique, « comme l’argousier, les camérisiers ou les amélanchiers », pour éviter que le ministère de l’Énergie et des Ressources naturelles accorde un bail exclusif (BEX) pour l’exploitation de substances minérales de surface.

À la liste s’ajoutent la préparation du 150e anniversaire de Baie-Johan-Beetz, prévu pour 2022, et la suite de la pandémie. « Au mois de décembre, on verra bien ce qu’il en sera! », s’esclaffe Martin Côté. « Avec la pandémie, on fonctionne au conditionnel », relativise Marlène Blais.

Les trois municipalités entreront également en période d’élections municipales générales à l’automne, élections qui se tiendront fort probablement sous le spectre de la COVID-19. Aucun élu n’a divulgué ses intentions en vue du 7 novembre prochain.

Laurence Dami-Houle, Initiative de journalisme local, Le Portageur