Une baisse de production moins importante qu’anticipée à l’Usine Arvida de Rio Tinto

·4 min read

La baisse de production annoncée par Rio Tinto au printemps pour son aluminerie d’Arvida devrait être moins importante qu’anticipée en 2020, alors que le nombre de cuves précuites non redémarrées a été freiné cet automne.

Au total, environ 55 cuves précuites fermées pour entretien de l’Usine Arvida n’ont pas été redémarrées depuis le printemps, a indiqué au Quotidien Donat Pearson, président du Syndicat national des employés de l’aluminium d’Arvida (SNEAA).

Jusqu’à une centaine de cuves pouvaient ne pas être redémarrées d’ici la fin de 2020 dans l’usine saguenéenne, selon les informations qui avaient été transmises initialement au syndicat.

« L’employeur a freiné la dégringolade, parce que depuis août-septembre, on redémarre des cuves pour éviter qu’à un niveau technique, on ait trop de cuves arrêtées dans une salle et qu’on soit obligé d’arrêter la salle de cuves », a-t-il expliqué.

Quelques cuves avaient également été redémarrées cet été pour éviter que la situation ne devienne « critique », précise M. Pearson. Dans une salle d’une centaine de cuves, un arrêt dépassant une douzaine de cuves entraîne des problèmes techniques, a-t-il donné en exemple. L’Usine Arvida compte six salles de cuves.

Stabilisation de la production « Présentement, ça stabilise la production en démarrant les cuves. On n’est pas encore en mode où on peut dire qu’ils ont tout rattrapé, on n’est pas là, mais au moins ils en décollent pour éviter une fermeture », a ajouté le président du syndicat affilié à Unifor. Il s’attend ainsi à ce que la baisse de production pour 2020 soit « un peu moins pire » que ce qui avait initialement été annoncé en juin.

La reprise de la demande en aluminium depuis cet été pourrait aussi expliquer cette décision, estime Donat Pearson. Le « non-redémarrage » de cuves depuis le printemps n’a pas eu d’impact sur la main-d’oeuvre.

Au début de la crise, en mars, la multinationale avait donné pour consigne de ne pas redémarrer les cuves qui devaient subir un entretien. Le « redémarrage » est une mesure d’entretien courante, qui permet une réfection des cuves en fin de vie afin de les remettre en opération.

Le prolongement indéterminé de cette mesure dans les installations d’Arvida avait ensuite été annoncé en juin, face aux difficultés « sans précédent » que connaissait alors l’industrie, avait indiqué la multinationale dans une note interne. À ce moment, 19 cuves n’avaient alors pas été redémarrées.

Rio Tinto anticipait alors une baisse de production 5 % en 2020 pour son aluminerie d’Arvida, soit une réduction de 8000 tonnes.

Malika Cherry, conseillère relations avec les médias pour Rio Tinto, a indiqué que l’entreprise n’était pas en mesure de réévaluer à ce stade-ci la baisse de production initialement estimée pour 2020.

« Cela limite l’impact sur la production, mais c’est sûr que les conditions demeurent difficiles et il faut s’ajuster au jour le jour », a-t-elle précisé, en parlant de la crise sanitaire et économique.

Baisse de production de 2,5 % pour les neuf premiers mois Au troisième trimestre, l’Usine Arvida a connu une baisse de production de 7,2 %, par rapport au même trimestre l’an dernier. La production d’aluminium a été d’un peu plus de 41 300 tonnes, selon les données dévoilées en octobre.

La baisse est cependant moins importante pour le portrait des neuf premiers mois de l’année. La production de l’usine a connu une légère baisse de 2,5 % par rapport aux trois premiers trimestres de 2019, passant de près de 131 000 tonnes à un peu plus de 127 600 tonnes.

L’aluminerie d’Arvida compte quelque 800 cuves précuites et environ 150 emplois y sont reliés. La durée de vie des cuves, qui utilisent une technologie polluante, avait été prolongée jusqu’en 2025 après une entente entre Québec et Rio Tinto en 2018, en échange d’un plan d’investissements de l’entreprise.

100 meilleurs employeurs au Canada Par ailleurs, Rio Tinto a été sélectionné pour une troisième année consécutive parmi les 100 meilleurs employeurs au Canada dans le classement de Mediacorp Canada, a souligné l’entreprise par voie de communiqué, mardi.

Le classement évalue différents critères, tels que les conditions de travail des employés au pays, l’implication dans la communauté ou encore la gestion de performance. En ligne, la portion évaluant les lieux de travail concerne le siège social de l’entreprise à Montréal.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien