Une entreprise franco-canadienne choisit Cowansville

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L’entreprise franco-canadienne Turbo Business s’est récemment installée dans un local de l’incubateur industriel de Cowansville. Dans quelques années, ses opérations en France seront toutes rapatriées au Québec.

L’entreprise se spécialise dans la fabrication de cosmétiques et d’appareils de diagnostic cutané ou capillaire.

« Ces appareils, on les place normalement dans les pharmacies, dans des centres d’esthétique ou dans les cliniques du corps, explique au bout du fil Stófà M. Bénomàr, président associé. Les appareils font le diagnostic de l’état de la peau, de l’état des cheveux et proposent des produits. C’est un outil d’aide à la vente destiné aux esthéticiennes. On est expert là-dedans depuis une bonne vingtaine d’années. »

Pour s’approcher des marchés canadien (où la technologie a fait son entrée il y a environ deux ans) et américain, mais aussi pour les avantages que l’entreprise retrouve ici, Turbo Business a choisi de s’installer tranquillement au Québec.

« Quelqu’un de mon équipe habitait Farnham et ça faisait longtemps qu’il me parlait de Bedford, Farnham et Cowansville. Alors on a cherché les opportunités pour s’installer dans une de ces municipalités. Cowansville est assez développée. L’incubateur correspondait parfaitement à ce qu’on cherchait puisqu’on peut agrandir. C’est un avantage qu’on n’a pas trouvé à Bedford et Farnham. »

Made in Cowansville

Pour l’instant, les locaux cowansvillois servent d’entrepôt avant que les produits soient livrés aux clients.

On y fait aussi l’étiquetage des produits importés de France en fonction des normes canadiennes.

Graduellement, l’extraction simple d’huiles essentielles sera intégrée aux opérations et, d’ici quelques années, on y fera les produits cosmétiques. Ils auront alors besoin du double de l’espace actuellement occupé.

Quant aux appareils de diagnostic, le logiciel est fait à Montréal, mais la carcasse est produite en France par une compagnie canadienne, Turbo19.

« Le but est de ramener toute la compagnie ici dans un temps rapproché pour maximiser la rentabilité. On a de bons plans d’avenir, un bon plan d’action pour Cowansville, assure M. Bénomàr. Dans deux ans, tout va être ramené ici. On est en train de quitter la France parce que les avantages qu’on a ici sont beaucoup plus importants qu’en France. »

S’adapter au coronavirus

Pour diversifier ses activités tirer son épingle du jeu, Turbo Business a créé deux appareils de prévention utiles pour aseptiser et prendre la température corporelle sans contact.

L’entreprise a créé « des pulvérisateurs pour aseptiser les surfaces dures et les espaces comme chez les dentistes et les médecins, ou encore dans l’espace soins des pharmacies. On a d’autres appareils aussi qu’on place à l’entrée et qui prend la température et distribue le gel hydroalcoolique. »

Le pulvérisateur d’aseptisant, fabriqué en Chine, crée un nuage qui va jusqu’à deux mètres de distance et n’oublie aucun recoin, contrairement aux désinfectants dans une bouteille vendue en magasin. La bruine se dépose sur les surfaces et les désinfecte. Le désinfectant, fait à Montréal par un sous-traitant, est quant à lui biologique et écologique, souligne le président associé.

M. Bénomàr rapporte qu’un restaurant québécois l’utilise et qu’une école de l’Ouest-de-l’Île-de-Montréal en a fait l’essai avant que le centre de services scolaire dont l’établissement scolaire en question fait partie passe une commande supplémentaire.

« Les coûts de fabrication étaient assez élevés, c’est pour ça qu’on s’est dit qu’on allait d’abord le fabriquer ailleurs. Mais si on doit vivre avec la COVID-19 encore deux ans, ça vaudrait l’investissement qu’on le fasse ici. »

Cynthia Laflamme, Initiative de journalisme local, La Voix de l'Est