Une église devenue centre d’escalade

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Les adeptes d’escalade ont remplacé les fidèles, depuis quelques années, à l’église du Christ-Roi de Chicoutimi, grâce à un projet de centre d’escalade qui a permis de préserver l’ancien lieu de culte.

Le centre d’escalade de bloc Beta Crux occupe depuis 2017 l’ancien temple catholique situé au cœur du centre-ville de Chicoutimi.

Une structure d’escalade de 46 pieds de hauteur remplace maintenant l’autel. Deux autres structures entourées d’un tapis matelassé remplissent le vaste espace qui était occupé par les bancs d’église.

L’endroit est devenu le plus grand centre d’escalade intérieur au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Les grimpeurs peuvent y exercer leurs habiletés dans un décor où les couleurs vives des blocs d’escalade se mélangent à celles des vitraux de l’église.

L’initiative est l’un des exemples de projets qui ont permis de donner une nouvelle vocation aux temples religieux fermés au culte, qui se sont multipliés dans les dernières années dans les régions du Québec.

Pour Louis-Philippe Pineault, initiateur du projet, l’endroit était idéal pour voir naître le centre. Situé à proximité du Cégep de Chicoutimi et de l’Université du Québec à Chicoutimi (UQAC), il permettait de rejoindre facilement les étudiants – qui forment sa principale clientèle – tout en offrant tout l’espace nécessaire pour installer des structures d’escalade en hauteur. La transformation du rez-de-chaussée était également moins coûteuse que la construction d’un nouveau bâtiment.

« D’avoir repris une église, c’est un beau défi aussi; de se dire qu’on poursuit son existence et qu’on la met au goût du jour, qu’on la réutilise », partage le président du centre d’escalade.

Quelque 1,4 M$ ont été investis jusqu’à maintenant dans le projet de transformation de l’église érigée en 1955 et 1956 sur la rue Sainte-Anne. Huit employés oeuvrent au centre Beta Crux.

Un attachement de la communauté Le centre compte aujourd’hui quelque 400 abonnés et ses propres équipes de compétition. L’endroit n’attire cependant pas que les adeptes d’escalade.

Pour des membres de la communauté, l’attachement à l’église du Christ-Roi est encore bien palpable, constate Louis-Philippe Pineault. Certains revisitent l’ancien lieu de culte pour découvrir sa transformation, alors qu’ils y ont vécu des moments importants de leur vie, comme leur mariage.

« Les gens sont contents de voir que le bâtiment n’est pas laissé à l’abandon et qu’il sert encore, d’une certaine manière, à la collectivité », exprime l’entrepreneur.

Le sous-sol est toujours occupé par le Centre social Christ-Roi, alors que la chapelle a été louée cet été à l’École nationale d’apprentissage de la marionnette. Des messes avaient toujours lieu à cet endroit, lorsque Beta Crux s’est installé au rez-de-chaussée, qui était alors inoccupé depuis quelques années.

La mezzanine de l’église a également été aménagée par le centre d’escalade pour y tenir des activités et des rencontres.

Restauration des cloches L’activité qui a repris au sein de l’ancienne église s’est également transportée jusque dans son clocher. Les cloches ont recommencé à marquer le passage du temps depuis 2018.

Quatre cloches ont été restaurées grâce à un donateur privé. Elles font maintenant entendre leur carillon chaque jour, à midi et à 18h. « Ça remet l’ambiance qu’il y avait à l’époque », souligne Louis-Philippe Pineault.

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DE L’ESCALADE SUR RÉSERVATION

Le centre d’escalade Beta Crux demeure ouvert au public et est accessible sur prise de rendez-vous seulement, alors qu’il peut accueillir un maximum de 25 personnes sur place en raison des mesures sanitaires.

Les mesures en vigueur en zone rouge permettent au centre de demeurer ouvert puisque l’escalade est considérée comme une activité libre et individuelle. Les mesures sanitaires appliquées ont été établies par la Fédération québécoise de montagne et de l’escalade, de pair avec la Santé publique, indique Louis-Philippe Pineault, président de Beta Crux.

Les équipes de compétition du centre ont pour leur part été mises sur pause depuis le début de la pandémie au printemps, moment où le centre a dû être fermé pendant plus de trois mois.

Myriam Gauthier, Initiative de journalisme local, Le Quotidien