Une nanobrasserie pour mousser la communauté et le patrimoine

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Sherbrooke — Pour la plupart des habitants du secteur de Brompton, le 49, rue Lambert a toujours été un garage. Mais pour le Comité du patrimoine de Bromptonville, ce joyau caché du cœur villageois est bien plus que ça : il est à la fois une ancienne forge... et une future nanobrasserie communautaire.

Les idées de grandeur continuent d’animer le Comité du patrimoine de Bromptonville, qui prépare depuis près d’un et demi la création d’un tout nouveau lieu de rencontre dans ce bâtiment datant de 1914. Alors que la pandémie continuait de frapper, les bénévoles derrière ce projet ont créé l’organisme à but non lucratif l’Ancienne Forge, et rassemblé presque toutes les autorisations qui devraient leur permettre d’offrir une nanobrasserie aux citoyens dès mai 2021.

À condition d’amasser le montant nécessaire.

C’est pourquoi l’organisme fait aujourd’hui appel à la population, et a lancé vendredi une campagne de sociofinancement sur La Ruche Estrie afin d’amasser un montant minimum de 15 000 $, ce qui devrait lui permettre d’aménager la salle de brassage qu’ont imaginé pour lui les experts du programme de sciences brassicoles de l’Université Bishop’s.

Le projet dans son ensemble, qui implique l’achat du bâtiment plutôt que sa location comme c’est actuellement le cas, est évalué à environ 290 000 $. Il a déjà fait l’objet de différentes aides financières, notamment du MAPAQ, de la députée de Saint-François Geneviève Hébert, du Chantier de l’Économie sociale, du ministère des Transports et de Commerce Sherbrooke, qui bonifiera de 2750 $ la campagne de sociofinancement si l’objectif est atteint.

« La nanobrasserie sera une entreprise d’économie sociale, alors tous les surplus seront remis à des projets communautaires, dont des OBNL du secteur de Brompton », précise Michael Jacques, chargé de projet pour l’Ancienne Forge.

« Notre objectif, c’est de diffuser et de raconter l’histoire de Brompton, explique la présidente du Comité du patrimoine de Bromptonville, Lisette Lahaie. Nous n’avions pas de local pour le Comité, et il y avait une demande citoyenne pour un lieu de rassemblement. Puis, notre membre Gilles Marcil a eu l’idée de ce projet. »

De garage à centre du village

Si le bâtiment a encore ses airs de garage, c’est une tout autre ambiance qui y régnera dans quelques mois, promet-on. En plus de la salle de brassage, on retrouvera évidemment un bar, des places assises, une terrasse, des expositions historiques et artistiques et une salle multifonctionnelle pour des réunions. Le tout dans un esprit de préservation de la valeur patrimoniale.

« On répond aussi à d’autres besoins, affirme M. Jacques. Plusieurs commerces et entreprises du coin sont cachés et ont besoin d’être désenclavés. Ces gens-là vont pouvoir venir ici et présenter leur usine ou leur commerce sur des écrans intelligents. On veut faire mousser l’économie locale. »

De la nourriture, préparée par des commerces et artisans locaux, sera aussi servie entre ses historiques mûrs de brique, tandis que la bière sera brassée en collaboration avec les étudiants de l’Université Bishop’s, qui pourront même y suivre des cours.

Déjà, le projet compte sur de nombreux bénévoles et entrepreneurs du quartier emballés par l’idée, témoignent M. Jacques et Mme Lahaie. Par exemple, la firme GPIC a offert les plans et devis de la nanobrasserie gratuitement.

Le 49, rue Lambert a été construit en 1914 par Siméon Charland pour y abriter sa forge. En 1922, afin de s’adapter aux moyens de transport plus modernes, le bâtiment a été converti en garage et en station-service. Celui-ci a gardé cette vocation jusqu’à tout dernièrement, alors que le mécanicien Robert Morissette l’occupait depuis 25 ans.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune