Une nouvelle maison d’arts à Danville

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Une maison d’arts renaîtra à Danville. L’artiste et comédienne Geneviève Boivin-Roussy prend le flambeau d’Yvon Bélanger et aménagera, rue Water, une galerie d’art, un studio de création et une résidence pour les artistes. La galerie G de BR prendra vie le 8 mai.

En entrant au rez-de-chaussée du bâtiment datant de 1893, on tombe sur un chantier de construction de ce qui deviendra, dans les prochains mois, une boutique et une galerie d’art contemporain. Des planches jonchent le sol. Dans la tête de la nouvelle propriétaire, connue pour son rôle de Gloria O’Hara dans O’ et pour celui de Kim Lalande dans District 31, il est très facile d’imaginer ce que deviendra ce lieu rempli d’histoire.

« Je passe devant cette maison depuis les neuf dernières années. Toutes les fois, elle m’attire, elle m’appelle, mais elle n’était pas à vendre. Je suis allée visiter la Galerie des Nanas, mais on m’a appelée pour me dire qu’elle était vendue. En allant sur Internet en revenant de la visite, j’ai vu que le bâtiment abritant les 20-22, rue Water, était en vente depuis une heure. Je suis allée visiter le lendemain et mon offre d’achat a été acceptée une heure après », raconte Geneviève Boivin-Roussy, flanquée de son conjoint Pilou, qui l’assiste dans cette aventure.

« Ça fait huit ans que je travaille sur ce projet. J’ai pensé au logo, à la mission, à tout le contenu, mais je ne trouvais pas le lieu, poursuit-elle. Ce n’était pas clair dans ma tête, mais tout s’est fait de manière inconsciente et très organique par les rencontres que j’ai faites. »

Au sous-sol, où un boulanger faisait jadis cuire son pain, un atelier servira aux apprentis qui voudront apprendre les rudiments de différents arts. À l’occasion, la cour extérieure deviendra un lieu de diffusion.

Un four à poterie, un bureau créatif où il y aura de la sérigraphie et un endroit destiné à la couture font partie des espaces et services qu’offrira cette maison d’arts. Tout près de la galerie, un espace de « co-travail » permettra aux visiteurs de prendre un café tout en apprivoisant l’art contemporain.

Démocratiser les arts

Deux coéquipières artistes de Geneviève Boivin-Roussy l’aideront à gérer quotidiennement les installations. Hélène Garant-Roberge sera adjointe, collaboratrice, joaillière et designer, tandis qu’Emma-Lou Gladu-Rajotte occupera les rôles d’assistante, de coordonnatrice et de médiatrice culturelle.

Comme médiatrice culturelle, Mme Gladu-Rajotte tentera de démocratiser les arts. « J’aimerais inciter le public à en apprendre sur les artistes et sur les moyens d’expression artistiques, et même d’explorer par eux-mêmes », dit celle qui a passé sa vie entre Montréal et Danville.

Ressusciter une galerie d’art à Danville est un rêve pour elle. « J’ai un sentiment d’appartenance à Danville depuis que je suis toute jeune. J’ai toujours imaginé de construire quelque chose ici en lien avec mes valeurs et toutes mes disciplines. Ça complète tout. Quand on dit que toutes les étoiles se sont alignées, c’est incroyable », se réjouit-elle

À Montréal depuis 20 ans, Mme Garant-Roberge a adopté la région. « J’ai découvert l’Estrie et quelque chose en moi s’est ouvert. La route n’est plus un problème. La nature est devenue importante pour moi. Maintenant, j’ai besoin des régions. Je pense que c’est tombé à point », décrit-elle.

Une maison

Aux étages, un grand appartement servira aux artistes en visite à Danville. Au premier, outre la cuisine, la salle à manger et le salon, une grande pièce illuminée fera office d’atelier. Au deuxième se trouvent deux chambres et une petite pièce où un bureau de bois est installé sur le mur du fond, juste à côté d’une fenêtre où un écrivain, un romancier, un poète ou un scénariste pourrait trouver son inspiration.

« L’objectif est de décloisonner les artistes. Que tu viennes de Montréal ou de la région, je m’en fous. On est tous des citoyens du monde, on a besoin de se retrouver ensemble pour créer pour l’avenir », exprime-t-elle, estimant qu’après la pandémie, des artistes de l’international pourraient s’installer dans l’appartement situé au-dessus de la galerie pour créer.

« Ça va plus loin qu’une galerie d’art. Ce que j’aime, c’est créer d’abord et avant tout. Pour aller au bout de mes idées et de ce qui m’habite, j’ai besoin de toucher à tout. Je crois que le fait de faire une maison d’arts pour les artistes de tout horizon, c’était la suite logique de ce qui m’habite », renchérit l’artiste, qui souhaite démocratiser l’art et casser l’aspect élitiste de celui-ci.

Il sera possible pour les artistes de faire une demande pour une résidence artistique à la mi-mars. Plus d’information sera disponible sur le site Internet de la galerie au galeriegdebr.com.

Tommy Brochu, Initiative de journalisme local, La Tribune