Une nouvelle forêt pour Noël ?

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Sherbrooke — Un cadeau de Noël à empreinte écologique négative, ça existe! Au terme d’une année tristement tranquille de son côté, Compensation CO2 Québec, basé à La Patrie, propose de planter des arbres afin de compenser l’empreinte carbone d’un être cher. Une idée cadeau verte, locale et sans contact qui pourrait même aider à faire pousser une nouvelle forêt près de chez soi.

Aménagement forestier coopératif des Appalaches offre ce service depuis 2011, mais permet depuis cette année d’acheter des compensations carbone en quelques clics via son site internet.

Ironiquement, malgré ce virage numérique, 2020 aura plutôt été synonyme d’une baisse de 86 % des ventes de cette filiale de la coopérative forestière, explique Manon Ayotte, coordinatrice pour le service Compensation CO2 Québec.

C’est pourquoi l’ingénieure forestière profite de l’approche de Noël pour rappeler que la santé, c’est aussi une affaire d’environnement. « Ça reste un cadeau qui est plein de sens, exprime-t-elle. C’est une super belle façon d’éviter la surconsommation. Parfois, à Noël, on se lance dans la frénésie des achats, des choses qui sont parfois éphémères, ça permet de mentionner à quelqu’un qu’on tient à lui, mais aussi à sa qualité de vie. »

100 arbres pour une famille

Via le site compensationco2.ca, on peut « magasiner » sa compensation carbone en ligne et connaître le nombre d’arbres nécessaires pour annuler sa consommation annuelle par l’entremise d’un formulaire rapide ou détaillé. On peut également fixer un budget ou un objectif en tonnes de CO2 qu’on souhaiter emmagasiner si désiré.

Le formulaire rapide estime que pour un adulte qui parcourt entre 20 000 et 30 000 km en voiture par année, n’a pas voyagé en avion ni fait de croisière cette année, habite en appartement, composte et recycle, mange de la viande 4 à 5 fois par semaine et consomme des biens et services de façon moyenne, la quantité d’arbres nécessaires s’élèvera à 54, pour un montant total de 216 $.

« Pour une famille moyenne, un parle de 18 tonnes de CO2, soit 100 arbres pour 400 $. C’est certain qu’il y a des gens qui font le saut. On suggère parfois d’y aller graduellement, et ça permet quand même de prendre conscience qu’on les émet vraiment, ces tonnes de CO2. Les déplacements comptent pour beaucoup, mais les biens et services aussi. C’est environ le tiers des émissions d’une personne » mentionne Mme Ayotte, qui mentionne que les particuliers représentent la grande majorité de la clientèle de Compensation CO2 Québec, même si le service est aussi offert aux entreprises.

Stocker au maximum

En achetant les arbres, on peut tout de suite sélectionner leur lieu de plantation parmi les quatre projets actifs. Ceux-ci sont à Chartierville et Nantes, en Estrie, ainsi qu’à Saint-Honoré de Shenley et Montmagny, dans la région de Chaudières-Appalaches.

Avec chaque achat sont inclus un certificat de compensation et les coordonnées géographiques de ses arbres. Une notification sera même envoyée lorsque les arbres seront plantés.

Mme Ayotte rappelle que l’entreprise se consacre à la création de nouvelles forêts, puisque pour qu’une forêt soit un véritable puits de carbone et qu’elle ait un effet maximal sur la quantité de carbone captée dans l’atmosphère, celle-ci doit être implantée sur une surface qui n’est pas déjà à vocation forestière.

L’équipe spécialisée s’assure également de sélectionner les bonnes variétés d’arbres pour les bons sites de plantation, et planifie la future récolte des arbres de manière à ce qu’un maximum de CO2 soit séquestré pendant tout le cycle.

« Ce qui est intéressant pour nous, c’est la valorisation du bois. Si on laisse le bois se décomposer, c’est bien aussi, mais il va finir par libérer une partie du carbone qu’il a stocké. Tandis que si on le transforme en produit du bois, on arrive à capter ce carbone-là sur une période un peu plus longue. Selon certains calculs de spécialistes, ce serait deux fois plus longtemps. »

Aménagement forestier coopératif des Appalaches a plus de 18 millions d’arbres reboisés à son actif depuis 1976, sur une superficie de 7826 hectares. Ce qui équivaut à plus de 14 500 terrains de football américain.

Jasmine Rondeau, Initiative de journalisme local, La Tribune