Une pétition pour soutenir les ainés

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Une pétition pour soutenir les ainés

Si la Covid-19 frappe particulièrement fort chez les ainés, ces derniers font aussi partie des victimes collatérales de la pandémie. En effet, les 65 ans et plus, qui forment 25 % de la population du Bas-Saint-Laurent, souffrent de l’isolement et de la précarité financière induits par les périodes de confinement.

Ce jeudi, trois organismes se sont joints aux deux députés fédéraux Maxime Blanchette-Joncas et Kristina Michaud pour lancer une pétition demandant au gouvernement fédéral d’assurer un meilleur soutien aux personnes âgées. Car si Ottawa n’a pas été avare d’aides financières en tout genre dans la dernière année, les ainés font figure de grands oubliés : ils n’ont eu droit qu’à une aide ponctuelle de 500 $ en mars 2020, loin des milliards dépensés en PCU…

Cette différence de traitement alimente un « profond sentiment d’injustice », selon M. Blanchette-Joncas, d’autant plus que les personnes âgées doivent composer avec des frais supplémentaires, qu’il s’agisse d’inflation ou de coûts de livraison. Augmenter le revenu des ainés est donc une priorité, ainsi que le martèle le président régional du Réseau FADOQ Gilles Noël : « Nous demandons que le gouvernement mette en œuvre sa promesse électorale faite lors de l’élection de 2019 en rehaussant minimalement de 10% le montant des prestations de la Sécurité de la vieillesse. »

Le bénévolat en déroute

Du côté de la Table de concertation des ainés du Bas-Saint-Laurent, on souligne l’urgence de briser l’isolement des 65 ans et plus. « Le gouvernement du Canada doit innover afin de mettre en place un réseau d’aide et de soutien direct aux ainés », explique la vice-présidente Kathleen Bouffard. Il devient difficile de trouver des bénévoles (la majorité ayant plus de 70 ans) pour faire des livraisons ou accompagner quelqu’un devant se rendre à l’hôpital pour passer des examens, et il faudrait donc former des travailleurs de milieu pour aller à la rencontre des personnes vivant seules, qui se sentent de plus en plus abandonnées.

De son côté, le président du Carrefour 50 + Richard Rancourt alerte sur la situation des organismes qui font vivre les villages : ceux-ci sont portés à bout de bras par des retraités, et leurs revenus s’effondrent suite à la baisse de leur membership. M. Rancourt aimerait que le gouvernement pense à implanter des mesures de compensation pour assumer les coûts fixes, comme cela a été fait dans d’autres secteurs.

La remise en route post-pandémie ne se fera pas d’elle-même, ajoute-t-il : « La culture de la peur s’est installée, il va falloir remotiver tout l’engagement bénévole de nos ainés. » Il sera alors probablement nécessaire d’avoir recours à des professionnels en animation, ce qui aura un coût.

Internet haute vitesse et transferts en santé exigées

Deux autres revendications plus universelles permettraient également d’améliorer le sort des ainés : tout d’abord, l’amélioration de la connexion au réseau internet haute vitesse, qui pourrait permettre de reconnecter les personnes seules au reste du monde si elles sont en mesure d’utiliser les outils web. Le Bas-Saint-Laurent est la région la moins bien branchée au Québec, souligne le député Blanchette-Joncas.

La pétition demande également d’indexer les transferts en santé de 6 %. L’autre députée bloquiste de la région, Kristina Michaud, rappelle que pour « chaque [tranche de] 100 $ dépensé[e] par le gouvernement fédéral depuis le début de la pandémie, seulement 33 cents sont allés dans le réseau de la santé du Québec. »

La pétition sera déposée à la Chambre des communes si elle atteint plus de 500 signatures d’ici le 20 mars.

Rémy Bourdillon, Initiative de journalisme local, Le Mouton Noir