Une résidence pour les étudiants autochtones verra le jour à Trois-Rivières

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Le gouvernement du Québec investit18,4 millions $ pour lancer la construction de trois centres d’hébergement destinés aux étudiantes et étudiants autochtones du Québec et du pays, dont un à Trois-Rivières.

La construction d’une première unité de 40 logements à Trois-Rivières sera lancée au printemps 2021 et complétée en août 2022, tout comme à Sept-Îles. Québec prévoit construire une troisième résidence étudiante d’ici 2025. Son emplacement n’est toutefois pas encore déterminé.

Ce projet est le résultat d’un effort concerté entre le ministère de l’Enseignement supérieur, le ministère responsable des Affaires autochtones et la Société immobilière du Regroupement des centres d’amitié autochtones du Québec (SIRCAAQ). Cette dernière a d’ailleurs été mandatée pour en gérer la construction.

Le projet est conçu pour être central. Il sera érigé à proximité de l’Université du Québec à Trois-Rivières, du Cégep de Trois-Rivières, du Collège Laflèche, du Centre de formation professionnelle Bel-Avenir et de plusieurs services. Un CPE et une maternelle 4 ans vont s’y greffer.

La dimension des résidences variera du simple studio, aux appartements de six pièces et demie afin de répondre aux besoins de familles plus nombreuses, notamment des mères qui souhaitent être accompagnées de leurs enfants.

« Le train était déjà sur les rails depuis quelque temps », souligne Denise Caron, directrice adjointe du Centre d’amitié autochtone de Trois-Rivières. Les efforts déployés par l’ancienne ministre des Affaires autochtones Sylvie d’Amours n’y sont pas étrangers.

L’objectif visé est bien sûr d’améliorer l’accessibilité aux études pour les jeunes des Premières Nations et en particulier pour les communautés Atikamekw d’Obedjiwan, de Manawan et de Wemotaci, mais aussi de partout au Québec.

« Les gens arrivaient des communautés pour poursuivre leurs études postsecondaires et avaient de la difficulté à se loger. Souvent, les femmes arrivaient avec leurs enfants. Plusieurs ont souffert du racisme systémique dans l’accès au logement », affirme Mme Caron.

«Quand on est d’origine autochtone, il y a beaucoup de choses à apprivoiser, dont le regard des gens sur soi, en plus de l’intégration en milieu scolaire. Les gens vont vraiment être intégrés à la communauté trifluvienne. Ce sera un bel incitatif pour les étudiants autochtones. On a une belle communauté étudiante. C’est un projet qui va changer la ville dans le bon sens. Il y a une reconnaissance de l’apport culturel des Premières Nations », ajoute-t-elle.

«Lorsqu’on ne connait pas la réalité, on pourrait peut-être penser comme ça, mais les lieux seront ouverts aux populations allochtones. Des lieux où la culture sera vivante. Je pense qu’il va y avoir de la curiosité. On permet aux gens de continuer à parler leur langue, de bénéficier de l’entraide et de vivre leur culture. La sécurisation culturelle, ça se vit», soutient Denise Caron.

« Quitter une communauté, c’est un deuil à vivre. On va pouvoir agir en continuum de services et les soutenir dans leur réussite éducative», poursuit -elle.

« Ces milieux de vie communautaires diminueront les sentiments d’isolement et de solitude vécus par les étudiants qui fréquentent les grands établissements d’enseignement urbains », reconnaît Ian Lafrenière, ministre responsable des Affaires autochtones.

Ce projet réalisé en partenariat avec la SIRCAAQ et financé à même l’enveloppe de 200 millions de dollars annoncée dans le cadre du budget 2020-2021 visant à répondre aux recommandations des commissions (CERP et ENFFADA).

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud