Vaccination : pas avant février chez les Autochtones en Abitibi

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Vaccination : pas avant février chez les Autochtones en Abitibi

LAC-SIMON-Si dans le Nord-du-Québec, le processus de vaccination contre la COVID-19 est bien enclenché, dans les communautés autochtones de l’Abitibi-Témiscamingue, il faudra attendre au moins jusqu’en février avant de lancer la campagne dans la population.

«Selon ce que nous avons entendu, nous ne sommes pas dans les priorités, indique la chef de la communauté Anishinabeg de Lac-Simon, Adrienne Jérôme. La plupart de nos communautés avaient érigé des points de contrôle à l’entrée des villages, ce qui fait qu’on n’a pratiquement pas eu de cas de COVID dans nos communautés. On n’a donc pas été considérées comme prioritaires.»

Information au compte-gouttes

La chef de Lac-Simon avoue qu’elle n’a pas reçu beaucoup d’information sur le programme de vaccination pour les communautés Autochtones. «On a reçu de la correspondance du ministre (Ian Lafrenière), mais c’était très général, dit Adrienne Jérôme. On a fini par savoir que c’est le vaccin Moderna qu’on va recevoir, et que ça va aller à février, sans qu’on ait de date précise. On ne sait pas non plus combien de doses on va recevoir. Est-ce que c’est 100, 200 doses? On ne le sait pas.»

Adrienne Jérôme estime que dans les circonstances, sa communauté s’en tire bien, tout comme les communautés Anishinabeg environnantes. «On a été plus vites que le gouvernement, dit-elle avec un brin de fierté. On a pas attendu les consignes avant de mettre des points de contrôle, donc, ça nous a permis de mieux contrôler la propagation du virus. Dans nos communautés, selon ce que j’ai entendu, il y a quelques cas au Lac-Rapide (dans la Réserve faunique La Vérendrye), mais ailleurs, tout est pas mal sous contrôle. C’est pour ça d’ailleurs qu’on n’est pas sur la liste prioritaire pour la vaccination.

Des refus

Adrienne Jérôme doit elle aussi composer avec des récalcitrants. «Il y a des membres de la communauté qui ne croient pas à la vaccination, dit-elle. En cela, ce n’est pas différent de ce qui se passe ailleurs. Certains sont influencés par ce qu’ils voient sur les réseaux sociaux. D’autres, par contre, aimeraient mieux que ce soient les infirmières du Centre de santé de Lac-Simon qui administrent les vaccins. On les connaît un peu plus.»

Pendant ce temps, le ministre responsable des Services aux autochtones, Marc Miller, n’a pas été en mesure de confirmer si son ministère était prêt à réserver des doses pour les Autochtones de l’Abitibi-Témiscamingue comme il l’avait fait pour 925 doses destinées à une clientèle autochtone de Montréal.

«SAC continuera à soutenir la priorité du vaccin COVID-19 pour les populations autochtones et à travailler avec tous les partenaires, y compris les provinces et les territoires, afin de garantir la sécurité culturelle et le respect des Premières Nations, des Inuits et des Métis lors de la planification du vaccin, et de répondre aux hésitations liées à la vaccination, a indiqué le bureau de Marc Miller, dans un échange de courriels avec la Presse Canadienne. Nous continuons à travailler en coordination avec les leaders des Premières Nations, des Inuits et des Métis et nous continuerons à le faire tout au long du processus de l’administration du vaccin.»

Michel Ducas, Initiative de journalisme local, La Presse Canadienne