Val-des-Sources: diversification à la vitesse grand V

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Malgré la pandémie, l’élan économique de Val-des-Sources ne s’essouffle pas. Après le début de la construction d’Alliance Magnésium et l’arrivée de plusieurs entreprises comme General Recycled en 2020, voilà que pour 2021 déjà plusieurs millions de dollars en investissements sont prévus.

Les prochains mois verront d’ailleurs au moins deux nouvelles constructions s’ajouter dans le parc industriel. Concept Promet, acquis par l’entreprise Métal Pless de Plessisville en 2018, construira un nouveau bâtiment de plus de 30 000 pieds carrés sur la rue de l’Ardoise. Environ 3,5 millions de dollars seront investis pour la construction du bâtiment, sans compter l’achat de l’équipement.

Concept Promet, qui fait de la peinture et l’assemblage de gratte à neige et d’équipements agricoles, emploi environ 45 personnes et la direction envisage ajouter une autre chaîne de production, ce qui créerait une dizaine d’emplois.

« Il y a une grosse ouverture d’esprit de la part de la Ville et il y a un bel avantage de se construire là, souligne Ivan Boucher, adjoint à la direction. On est à Plessisville et ça nous amène un autre bassin de population aussi. »

Les locaux laissés vacants par Concept Promet seront repris par ABS Remorques et agrandis de 27 000 pieds carrés. Pour ce faire, les investissements oscilleront entre 3,5 et 4 millions de $. Près d’une dizaine d’emplois seront créés à terme par ce projet.

« On va déménager notre usine de soudage dans ces nouveaux locaux, indique François Gouin, président. On vend partout au Canada et un peu aux États-Unis. On veut raffermir notre position au Canada et être plus actifs sur l’exportation aux États-Unis. Parallèlement, on veut développer d’autres types de remorques. »

Bulles du Nord, qui produit des jus de fruit naturels gazéifiés, et Distillerie Birster, qui fait du gin (voir autre texte), s’installent aussi à Val-des-Sources.

« Quand quelqu’un a un projet, ça nous en prend beaucoup pour dire non, lance Martin Lafleur, directeur de la Corporation de développement socioéconomique de Val-des-Sources. On est aussi en train de mettre sur pied un projet pour développer et acquérir un bâtiment dédié aux écomatériaux. »

Dans l’optique de favoriser les investissements, la Ville de Val-des-Sources offre aussi la possibilité de bâtir elle-même les installations pour ensuite les louer à une entreprise qui viendrait s’établir dans la région.

« On leur charge un loyer et on leur donne la possibilité d’acheter dans trois, quatre, cinq ou six ans, quand ça leur adonne, résume M. Lafleur. On leur crédite le capital qu’ils ont déjà payé. On se met entre eux et la banque. On en a plusieurs qui ont acheté leur bâtiment de cette façon. »

Écomatériaux

Presque toutes les nouvelles entreprises de Val-des-Sources et de la MRC ont un point en commun, elles ont toutes un lien direct ou indirect avec l’environnement.

« On mise sur les technologies environnementales, confirme Frédéric Marcotte, directeur général de la MRC. Ça fait partie de notre ligne directrice de notre stratégie de diversification économique. Les écomatériaux constituent un levier d’avenir pour le développement de la région. »

Alliance Magnésium, qui exploite les haldes pour produire du magnésium, et Nature Fibres, qui produit des panneaux isolants à base de paille de chanvre industriel, sont quelques exemples d’entreprises qui exploitent des écomatériaux.

« On prend un résidu et on lui donne une valeur tellement forte qu’il peut même surpasser des matériaux existants », explique M. Marcotte.

La région est également l’hôte du Rendez-vous des écomatériaux qui se tient habituellement à l’automne.

Diversification

Avec tous ces investissements et ces nouvelles entreprises, la région a énormément diversifié son économie au cours des dernières années, mais il reste encore beaucoup de chemin à faire selon le DG de la MRC.

« Une diversification économique à la suite d’une économie mono-industrielle de plus de 130 ans, ça ne se fait pas en sept ans, admet M. Marcotte. Si on me pose la question à savoir si la diversification économique est atteinte, c’est difficile de répondre positivement à cela. Par contre, les fondations de la diversification économique sur le long terme sont atteintes. Les secteurs d’activités, leur complémentarité, leur différence, le nombre d’entreprises et la diversité de la topologie d’emploi font en sorte qu’on est sur la bonne voie. »

« Une diversification ce n’est pas que les entreprises qui sont implantées, c’est aussi la dynamique de l’économie de la région qui est à faire, résume-t-il. Il y a encore beaucoup de choses à construire et à attacher. »

Simon Roberge, Initiative de journalisme local, La Tribune