Variants en hausse: des Albertains doutent du plan de réouverture des restaurants

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Le desserrement des mesures prévu la semaine prochaine inquiète.

Les cas de variants du coronavirus se multiplient un peu plus chaque jour dans la province, une situation qui angoisse les Albertains et qui pourrait repousser la réouverture des commerces, prévue initialement lundi.

Entre mercredi et jeudi, l’Alberta a vu le nombre de cas de variants passé de 57 à 68. Lors d’un point de presse, la médecin hygiéniste en chef, la Dre Hinshaw, a actualisé les chiffres, annonçant du même coup 582 nouveaux cas atteints par la COVID-19 et 13 décès supplémentaires.

« Si les variants prennent le dessus, nous devrons peut-être revenir à une politique plus dure que celle de début décembre », a annoncé mercredi le premier ministre de la province, Jason Kenney, lors de son Facebook en direct.

Bien que certains commerçants espèrent une réouverture en début de semaine prochaine, la nouvelle laisse les professionnels hésitants. Certains ont déjà décidé de ne pas rouvrir et de s’en tenir à la formule à emporter, et ce, pour des raisons tant économiques que de sécurité sanitaire.

Des commerçants hésitants

« Le 8 février, nous n’ouvrirons pas le service en salle. La réalité est que notre restaurant est tout simplement trop petit pour servir tout le monde en toute sécurité. En fin de compte, la sécurité de notre personnel et de nos clients est primordiale », a tweeté le restaurant Jack’s Burger Shack, situé à Saint-Albert.

Certains Albertains n’hésitent pas non plus à partager sur les médias sociaux leurs doutes concernant l’intérêt, mais aussi les motifs de cette décision. Selon certains propriétaires, les mesures de réouverture feront plus de mal que de bien. Ces derniers devront limiter à 15 % la capacité de leur établissement et fermer à 22 heures. Pour les pubs, cet horaire correspond à l’heure de pointe du service. Une fois que ces commerces auront ouvert leurs portes, les aides concernant les loyers risquent d’être supprimées, redoutent certains. Ils y voient un moyen pour le gouvernement d’économiser de l’argent plutôt que d’aider les entreprises.

La décision de rouvrir les écoles, puis maintenant les commerces, en laisse plus d’un perplexe. Médecin en Alberta, la Dre Tehseen Ladha a publié sur son compte Twitter un document mettant en avant les trois principaux endroits de foyers à éclosion au Canada depuis novembre dernier : les soins de longue durée, les écoles et les garderies, puis l’alimentation et la vente au détail.

« Mais nous avons ouvert des écoles en janvier et ouvrirons des restaurants la semaine prochaine, c’est logique, n’est-ce pas ? » questionne-t-elle, non sans ironie. Pour rappel, l’Alberta avait dû renforcer ses restrictions sanitaires en fermant début décembre les bars, les restaurants et la plupart des commerces. Les restaurants pouvaient tout de même continuer les livraisons à domicile. Le gouvernement albertain avait par la suite annoncé la réouverture des écoles le 21 janvier, ce qui avait suscité des remous dans la province.

Dans son intervention de mercredi, Jason Kenney a expliqué qu’il ne pouvait dire quel sera l’état de la situation d’ici deux mois concernant la propagation des variants. Mais il a aussi expliqué que les restrictions strictes en matière de santé publique n’apportaient aucune garantie, à l’heure actuelle, pour les contenir.

Il est prévu que les centres de remise en forme rouvrent lundi, mais seulement sur rendez-vous individuel. Le premier ministre albertain a déclaré qu’il serait possible de justifier l’ouverture de certaines entreprises plus rapidement que ne le prévoit le plan, « mais l’objectif principal est d’essayer de contenir la transmission globale de COVID-19 ».

La Dre Hinshaw, elle, a confirmé que les 11 nouveaux cas de variants étaient en provenance du Royaume-Uni.

Aujourd’hui, l’Alberta compte près de 112 000 doses de vaccins déjà administrées.

Hélène Lequitte, Initiative de journalisme local, Le Devoir