Vent de dos favorable à la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour

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La Société du Parc industriel et portuaire de Bécancour (SPIPB) profite d’un vent de dos pour prendre du galon. Les industriels y réservent des terrains, le gouvernement lui confie de nouvelles responsabilités et les universitaires s’y installent.

Le directeur général de la SPIPB, Maurice Richard, est tout sourire lorsqu’il parle des installations dont il a la responsabilité. Pas moins de 2500 personnes y transitent chaque jour. Le parc industriel est une fenêtre ouverte sur la région et sur le monde avec son quai en eaux profondes, ouvert à l’année. Près de 130 navires d’une dizaine de pays y accostent chaque année, des trains de marchandises et camions affluent dans ce parc industriel qui n’est qu’à 40% de sa capacité.

Quatre nouveaux ports

Le parc industriel de la SPIPB est une société d’État qui offre depuis 50 ans «un milieu de développement économique» et «des services de premier rang» aux entreprises qui s’y installent, assure M. Richard.

[caption id="attachment_75140" align="alignright" width="244"] Maurice Richard, pdg de la SPIPB[/caption]

Un milieu qui s’ouvre aujourd’hui sur quatre nouvelles installations portuaires québécoises. La SPIPB s’est récemment fait confier la gestion des ports de Gros Cacouna, Rimouski, Matane et Gaspé. Des portuaires récupérées en mars 2020 par Québec des mains du gouvernement fédéral et qui seront gérées par une filiale de la SPIPB, la Société portuaire du Bas St-Laurent. Anne Dupéré en est la nouvelle pdg depuis un mois. «Des équipes se déploient dans la région gaspésienne chaque semaine», l’objectif étant de mettre au goût du jour les actifs des quatre entités portuaires et de voir à leur développement. «Les milieux vont devoir ensemble réfléchir à leurs modèles de développement», précise M. Richard.

Un nouveau pavillon universitaire

Le gouvernement du Québec semble vouloir gonfler le pouvoir d’attraction de la SPIPB. Une de ses Zones d’innovation sera déployée à Bécancour. La SPIPB doit accueillir dès 2021, un nouveau pavillon et Centre de recherches de l’UQTR. «L’idée qui était farfelue hier devient exactement l’opportunité qu’on doit saisir maintenant», souligne M. Richard. «Le milieu décisionnel d’Investissement Québec se rapproche de nos régions. Toute la machine est en train de s’arrimer entre décideurs, le milieu et le savoir», se réjouit M. Richard. Ce sera, dit-il, l’instrument d’amorce de la Zone d’innovation de Bécancour.

Les affaires tournent rondement

En attendant, les usines fonctionnent pour la plupart à plein régime sur le site de la SPIPB. Silicium Québec a relancé un autre four. L’entreprise Cepsa Chimie poursuit son expansion. «Il y a 22 dossiers industriels sur la table. Neuf ont déjà des options d’achat de terrains».

[caption id="attachment_75141" align="alignleft" width="380"] Nouveau Monde Graphite (NMG) vient d’y annoncer des investissements sur plusieurs années de 400 M$ et la création à terme, de 150 emplois[/caption]

Nouveau Monde Graphite (NMG) vient d’y annoncer des investissements sur plusieurs années de 400 M$ et la création à terme, de 150 emplois. L’entreprise Olin fournira à NMG du chlore et de la soude caustique, de même que ses premiers espaces de location.

«Les produits de graphite de haute pureté de NMG cibleront des marchés en forte croissance comme les batteries lithium-ion, les piles à combustible, et les feuillets de dissipation thermique pour les technologies 5G», écrit l’entreprise.

«Ça fait quatre ans que ça se trame», souligne Maurice Richard qui parle aussi, sans trop en dire, de l’entreprise Premier Tech, qui pourrait s’installer dans le parc. L’entreprise aurait déjà signé des ententes avec des dizaines d’agriculteurs. Une annonce serait imminente. Premier Tech qui pourrait dévoiler son jeu d’ici trois semaines. Elle a déjà déboisé une énorme superficie du parc. Le bois coupé et transformé en copeaux a alimenté les fourneaux de Silicium Québec.

Les batteries au lithium et l’exploitation et la production de terres rares au Québec vont sous peu devenir des dossiers prioritaires dans la province affirme M. Richard. «Ça fait longtemps que nous savons que la plus haute qualité de terres rares se trouve au Nord-du-Québec. Si ça se réanimait, inévitablement le site de Bécancour serait envisagé par les industriels. L’important est que l’investissement se fasse. On peut vous affirmer qu’il va y avoir dans les prochains mois plusieurs dossiers majeurs qui vont se concrétiser pour la région. On s’est rapproché d’Investissement Québec et les Maisons du Québec à l’étranger sont en train de vanter les capacités de la Société du parc industriel et portuaire de Bécancour», confirme M. Richard qui ajoute qu’il faudra «aller plus vite, ne pas rater les fenêtres d’opportunités» et accélérer les processus d’approbation et d’obtention de permis.

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud