Éventuel reconfinement : les locataires réclament de l’aide

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COVID-19. Devant l’éventualité d’un reconfinement, le Regroupement des comités logement et des associations de locataires du Québec (RCLALQ) demande à la ministre de l'Habitation, Andrée Laforest, de mettre en place un nouveau plan d'aide pour les locataires. «Un nouveau confinement apportera son lot de pertes d'emploi et se seront encore les travailleurs précarisés, très majoritairement locataires, qui seront les plus touchés. Une aide pour le paiement du loyer leur permettrait de souffler un peu et d'éviter une nouvelle vague d'expulsions pour non-paiement de loyer», mentionne Maxime Roy-Allard, porte-parole du RCLALQ. À cet effet, le Regroupement réclame le retour du moratoire sur les évictions de locataires qui avait été mis en place en mars au début de la pandémie, mais qui a été levé en juillet dernier en raison de la diminution des cas et de la réouverture du Tribunal administratif du logement (TAL). «En raison de la pénurie de logements, la suspension des évictions doit être envisagée comme un geste de santé publique puisqu'elle évitera la circulation des locataires dans de nouveaux logements et chez des proches, et ralentira la montée de l'itinérance. Il ne faut pas oublier que ce sont tous des vecteurs de propagation de la COVID-19», ajoute-t-il. Comme en mars dernier, le RCLALQ réclame la suspension des audiences au TAL afin de ne pas instaurer un accès à la justice à deux vitesses. «Même si le Tribunal propose des services et des audiences en ligne, la fracture numérique existe toujours. En ne suspendant pas les audiences, le gouvernement envoie le message que seulement les parties qui ont accès et qui maîtrisent les outils technologiques peuvent défendre leurs droits», clame le porte-parole. Le RCLALQ s'inquiète également de la mise en place d'un couvre-feu par le gouvernement Legault puisqu'il pourrait aggraver les situations de violence dans les logements. «Faute de logement à prix décent, il n'est pas rare que les logements soient surpeuplés. Avec la pandémie qui s'éternise, les tensions familiales sont encore plus présentes. Si ça devient impossible de sortir le soir pour ventiler ou s'échapper temporairement d'un environnement hostile, le logement peut devenir générateur de violences. Il ne faudra pas se surprendre de voir les violences conjugales et domestiques augmenter», dénonce Maxime Roy-Allard.

Stéphane Lévesque, Initiative de journalisme local, L'Hebdo Journal