Virgine Dufour réintègre l’exécutif

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Moins de deux mois après s’être volontairement retiré du comité exécutif de la ville et du caucus du Mouvement lavallois – Équipe Marc Demers, le temps de «rétablir sa réputation», disait-elle, Virginie Dufour reprend du service, tournant la page sur des allégations sérieuses de financement politique illégal.

«Aujourd’hui, je reviens la tête haute puisque je peux maintenant confirmer mon innocence», dit celle qui a toujours clamé «une éthique professionnelle irréprochable».

Rappelons que le 30 novembre dernier, un enregistrement rendu public l’avait plongée dans l’embarras. On y entend un proche de Mme Dufour, Normand Cusson, expliquer à sa «blonde» que les contributions qu’il verse par chèque au parti lui sont remboursées en argent comptant par l’élue de Sainte-Rose.

«J’ai une déclaration assermentée de M. Cusson», mentionne-t-elle, s’estimant «la victime collatérale d’une chicane de couple. Un homme a menti à sa conjointe parce qu’il ne voulait pas lui avouer qu’il avait fait un don à ma campagne électorale.»

Devant la commissaire à l’assermentation Manon Derome, Normand Cusson a déclaré solennellement le 5 janvier «ne jamais avoir agi à titre de prête-nom ou avoir eu recours à un prête-nom dans le cadre de contributions au parti Mouvement lavallois ou pour la ou les campagnes de financement politique de madame Virginie Dufour».

À la fin novembre, désireuse que la lumière soit rapidement faite sur cette histoire, Mme Dufour s’est adressée par courriel au Directeur général des élections du Québec (DGÉQ) et au Bureau d’intégrité et d’éthique Laval-Terrebonne (BIELT), leur demandant d’enquêter sur les allégations qui la visaient.

Exception faite d’une réponse automatique en guise d’accusé de réception, le DGÉQ ne l’aurait jamais relancée, affirme la principale intéressée.

Quant au BIELT, dont elle dit avoir rencontré les enquêteurs à deux reprises en présence de son équipe juridique, il l’informait le 12 janvier qu’il «fermait le dossier», le financement politique ne relevant pas de sa compétence.

«On aurait bien aimé que le DGÉQ nous revienne rapidement, mais bon ça ne s’est pas fait», ajoute Virginie Dufour, faisant valoir que «tout ce qui pouvait être fait a été fait».

Tenue au respect de la confidentialité entourant le processus des plaintes, la porte-parole du DGÉQ, Julie St-Arnaud, indique d’entrée de jeu ne jamais commenter les dossiers en cours.

Elle précise toutefois qu’une réponse écrite signée d’un procureur d’Élections Québec est systématiquement envoyée au plaignant ou à un demandeur une fois l’analyse préliminaire complétée, l’informant si le DGÉQ fera ou non enquête.

«Tant et aussi longtemps qu’une personne n’a pas eu une réponse formelle de l’avocat, on ne peut pas conclure qu’un dossier est fermé», affirme-t-elle.

Virginie Dufour, qui soutient que cette histoire lui a «causé beaucoup de torts», croit-elle que l’ex-amie de cœur de Normand Cusson, un fidèle allié, ait agi par pure jalousie ou qu’elle aurait pu avoir été en mission commandée, une possibilité que n’écartait pas M. Cusson en entrevue au Courrier Laval, le 30 novembre.

«Ça, je ne pourrai jamais le savoir. J’ignore tout, si c’est le cas.»

Cela dit, elle concède qu’une instrumentalisation politique à des fins partisanes lui a traversé l’esprit.

«L’enregistrement remonte autour du 25 juillet», souligne la conseillère municipale, une période qui coïncidait avec le débat très polarisé entourant le controversé projet de développement de l’île Gagnon.

En veut-elle à Normand Cusson d’avoir tenu ces propos?

«C’est sûr que j’étais déçue, mais de lui en vouloir? Je ne crois pas», d’autant qu’il a fait amende honorable, enchaîne-t-elle.

Dans une déclaration officielle faite sur les réseaux sociaux, Mme Dufour ajoute qu’«il n’avait évidemment pas conscience qu’il était enregistré à son insu et qu’une copie de l’enregistrement serait remise aux médias. Il regrette amèrement son mensonge qu’il croyait, a priori, sans conséquence».

L’élue chargée des dossiers liés à l’environnement, au patrimoine et à l’urbanisme déclare revenir «au comité exécutif pour porter ces valeurs d’intégrité, d’éthique et de transparence [qui] sont et demeureront le moteur de mon action politique».

À moins de 10 mois des élections, entend-elle solliciter un 3e mandat auprès des citoyens de Sainte-Rose qu’elle représente à l’hôtel de ville depuis 2013?

«Je vais laisser la poussière retomber, répond-elle, affirmant que la décision n’est pas prise. Cela n’a pas été facile pour moi; bref, j’ai besoin de prendre un petit peu de recul».

Stéphane St-Amour, Initiative de journalisme local, Courrier Laval