Vivre de son art à 23 ans, c’est possible!

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Les mots « peur » et « insécurité » ne font pas partie du vocabulaire d’Alek Bélanger. Originaire de New Liskeard, le jeune homme de 23 ans connaît un début de carrière artistique des plus flamboyants. Depuis trois ans, il s’adonne à la peinture de façon professionnelle et ses toiles se vendent si bien que l’artiste réussit déjà à vivre de son art.

Sa spécialité est la peinture acrylique sur canevas, mais la technique mixte (mixed media) fait également partie de son approche. « J’aime beaucoup utiliser de la texture dans mes pièces. Ça donne un élément excitant à mes œuvres. Les gens veulent toucher à mes œuvres parce qu’il y a tellement de textures, même s’ils savent qu’ils ne peuvent pas le faire. Ça donne une énergie unique entre la personne et l’œuvre. »

L’artiste d’art abstrait privilégie les toiles de grand format. Son site Web, www.alekbelanger.com, permet de visualiser plusieurs de ses œuvres regroupées en trois séries différentes : art series 01 affiche des tons bleus, gris, blancs et noirs représentant les thèmes du vent, de l’eau et des vagues; art series 02 met en lumière des tons or, beiges, blancs et noirs reflétant la pureté, la sexualité et l’équité; art series 03 privilégie le noir et le blanc et met en contraste des textures rugueuses, des mouvements fluides et des traits apaisants.

Quand on lui demande les raisons qui l’ont poussé à devenir peintre professionnel, il répond d’emblée qu’il n’a pas choisi la voie artistique; c’est plutôt l’art visuel qui l’a choisi. Alek Bélanger a étudié en cinéma à Toronto, à Ryerson University, plus précisément. C’est là qu’il a vécu sa première peine d’amour, un chagrin si intense que les mots ne suffisaient pas à panser sa blessure. « Je devais m’exprimer autrement. J’ai appelé ma mère et elle est venue me rendre visite. Je lui ai demandé d’apporter des toiles et de la peinture. Ma mère est une artiste et elle est aussi enseignante d’arts visuels. C’était très naturel de lui demander cela. C’est alors que j’ai réalisé que la peinture était une forme de communication tellement meilleure que n’importe quelle autre forme. Elle m’a laissé avec les toiles et c’est là que j’ai vraiment commencé à me perdre dans le monde de la création de l’art abstrait. Et me voici maintenant avec une carrière à plein temps, remplie de passion. J’ai toujours eu l’encouragement constant de ma famille et mes amis, donc je me considère très chanceux. »

Depuis le début de sa carrière, ses toiles sont exposées dans les galeries, mais aussi dans des endroits publics, par exemple à l’hôtel The Anndore House, au magasin de design d’intérieur West Elm, au restaurant Laylow, etc. Pour lui, ce sont des occasions à privilégier pour rencontrer de futurs clients. D’ailleurs, parmi ses clients, il compte entre autres des collectionneurs d’art et des gens qui possèdent déjà plus d’une de ses œuvres. Récemment, il a aussi collaboré avec un « stager », quelqu’un qui décore des condos pour faciliter les ventes, ainsi qu’avec un agent immobilier.

Le prix de ses toiles varie en fonction de différents facteurs. « Ça dépend de la grosseur de la toile, si c’est un projet personnalisé, si c’est vendu à travers une galerie d’art, etc. Donc, c’est difficile de dire un prix, mais le minimum est de 1 000 $. » En vend-il beaucoup? Suffisamment pour s’y consacrer à temps plein et pour payer son logement en plein cœur de la ville de Toronto! Bien sûr, plusieurs engagements artistiques ont été annulés en raison de la pandémie. Toutefois, cette période lui permet de se consacrer davantage à la vente d’œuvres personnalisées. Il crée donc un produit sur mesure en respectant les critères de ses clients.

Avant de se consacrer entièrement à l’art, le jeune homme payait ses études avec des contrats de mannequinat dénichés par l’agence qui le représente : B & M Models. Il a participé à de nombreux défilés et à plusieurs séances photo. Encore aujourd’hui, il fait partie de cette agence et honore quelques contrats. D’ailleurs, au moment d’écrire ces lignes, il venait tout juste de voir le résultat de sa séance photo pour Staples (Bureau en gros), un projet d’envergure nationale dont il est très fier. Quant au cinéma, son domaine d’études, celui-ci devient un moyen de diffuser son art. Au cours de la prochaine année, quelques-unes de ses toiles seront à l’honneur dans une série Web en partenariat avec CBS, et une pièce d’art de sa série bleue (art series 01) fera partie intégrante du décor d’un « short film ». De plus, un projet est à venir. Pour l’instant, Alek Bélanger préfère garder le secret. « Ce que je peux dire, c’est que ça va être extrêmement excitant pour moi, pour ma carrière d’artiste et pour le public. C’est un gros projet qui s’en vient très bientôt, en 2021, et c’est relié à ma troisième série d’art en noir et blanc. » Lorsque le contexte le permettra, il a l’intention de voyager spécifiquement pour ses prochaines créations et il attend avec impatience la reprise des événements artistiques puisque plusieurs d’entre eux l’intéressent.

Dominique Roy , Initiative de journalisme local, Reflet Témiscamien (Le)