Waterville a «frappé un mur» lors de la fermeture de l'épicerie

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Lorsque la seule épicerie de Waterville a fermé ses portes en 2017, « c’est comme si la municipalité avait frappé un mur », confie la mairesse Nathalie Dupuis. Sauf qu’à la réouverture un an et demi plus tard, plusieurs citoyens avaient déjà changé leurs habitudes de consommation.

« La COVID-19 nous a aidés beaucoup à nous faire connaître! exprime la propriétaire de la Place Water, Nathalie Bouffard. La première année et demie a été très lente. Les gens avaient pris des habitudes de consommation ailleurs. Tu as beau avoir de bonnes intentions, mais l’habitude, c’est d’aller à l’épicerie après le travail et d’y aller moins souvent.»

Avec la pandémie, les citoyens en télétravail se sont remis à faire leurs courses près de la maison. « De plus, ils ne voulaient pas nécessairement aller dans les grandes surfaces, s’explique la propriétaire. Ils ont apprécié, donc les ventes ont explosé et on maintient les ventes. »

Mme Bouffard pense qu’un commerce de proximité fait une différence dans la vitalité de la communauté. « On essaie au maximum de vendre des produits locaux. On se fait un petit réseau. Pour les commerçants et les clients, ça fait un endroit où on peut retrouver tout ce qu’il y a dans notre communauté, sans être obligés de sortir à 15 ou 20 minutes de chez soi », analyse Nathalie Bouffard, qui dessert la ville comptant un peu plus de 2000 habitants.

Aurait-elle un conseil à donner à quelqu’un qui aimerait relancer un commerce de proximité dans une petite municipalité? « De miser sur le service à la clientèle, répond-elle. Et si c’est possible de repartir le projet le plus rapidement possible pour éviter la perte des habitudes de consommation. On l’avait sous-estimé. Plus c’est long, plus il faut calculer de temps avant que les gens reviennent. »

« C’est essentiel »

Pour la mairesse Dupuis, les commerces de proximité sont « essentiels ». « On veut consolider nos milieux de vie. S’il faut sortir de ce milieu pour s’acheter une bouteille de lait, un moment donné, ça ne fonctionne plus », décrit-elle.

De plus, selon elle, ces milieux sont des points de rencontre informels. « On n’a plus les parvis d’églises pour partager l’information et pour prendre des nouvelles, donc ça joue ce rôle. Au niveau économique, c’est bien d’avoir accès à des biens sur place », dit-elle, faisant référence à la nourriture, à la quincaillerie et à l’essence, entre autres.

Mme Dupuis se souvient que le message était très négatif lorsque le Marché Morin a mis fin à ses activités en 2017. « Comment ça peut arriver que notre épicerie meure comme ça? Ç’a créé une énergie négative. Il fallait rassurer les gens et donner le temps à quelqu’un de reprendre le commerce. Les gens qui avaient le goût de venir chez nous se posaient des questions. Mais dans les faits, démarrer une entreprise est un projet de longue haleine », constate-t-elle, ajoutant que le bureau de poste avait été défoncé par une voiture et que les biens de l’église avaient été vendus durant la même période, faisant parler beaucoup de citoyens.

« On devenait tout d’un coup un village fantôme [dans l’imaginaire collectif].»

Un peu plus de trois ans plus tard, la ville est toujours bel et bien en vie.

Tommy Brochu, Initiative de journalisme local, La Tribune