Yves Desfossés, réserviste de l’année de l’Aviation royale canadienne

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Le sergent Yves Desfossés a été nommé réserviste aérien de l’année 2020 par l’Association de l’Aviation royale canadienne (ARC).

Le sergent Yves Desfossés est au service de l’Aviation royale canadienne depuis près de 35 ans. Nicolétain d’origine et natif de la Baie-du-Febvre, il a quitté la région en 1985. Il est d’abord muté à Val Cartier. «Ce que je connais est un livre, ce que je ne connais pas est une bibliothèque». Son épouse Chantal Belle-Isle a le même tempérament que lui. «Il m’a toujours demandé mon avis. On a été chanceux».

Ils s’envolent d’abord pour l’Allemagne en 1990. M. Desfossés est ensuite affecté sur l’île de Vancouver. Ils prendront racine à Edmonton, en Alberta. Ils y vivent depuis 20 ans. «Il y a du monde, peu importe où ils sont, ils seraient tout de même malheureux», souligne M. Desfossés. Ce n’est pas le cas pour sa conjointe et lui, qui se sont adaptés. «Ici, le monde est très amical. Ce n’est pas comme à Montréal, où personne ne se parle. Dès qu’on est arrivés ici, on se sentait déjà comme chez nous.»

L’Association de l’Aviation royale canadienne (ARC) récompense tous les ans une personne qui représente le mieux la Réserve de l’ARC. Être nommé réserviste de l’année, Yves Desfossés n’en fait pas grand cas.

«Comme j’ai dit à mon commandant, mon but est de faire un travail honnête et de rentrer chez moi. Je fais ma job du mieux que je peux. Ils savent qu’ils peuvent m’appeler à n’importe quelle heure et que je vais être là».

Avant de joindre les Forces armées, Yves Desfossés se souvient d’avoir travaillé pour la compagnie de meubles Vallières. «J’avais un copain avec qui j’ai grandi qui était dans les Forces armées comme mécanicien en aviation». Cet ami lui donnera la piqûre. Son épouse dit qu’il attendra trois ans avant d’être embauché. «D’abord comme technicien en cellule d’avion, puis comme technicien en aviation». Il travaillera surtout sur cinq types d’hélicoptères: Kiowa, Twin Huei, Labrador, Griffon et Buffalo. S’il aime les appareils dont il a la responsabilité, il n’a jamais cherché à être pilote lui-même. «J’ai fait un peu de planeur avec les cadets et je trouvais ça monotone».

Ça demande quoi d’être depuis 2008 enquêteur à la sécurité des vols du 408e Escadron tactique d’hélicoptères de l’ARC, réserviste de classe A et de se faire remettre le titre de réserviste de l’année? «Dévouement, intégrité et leadership. On fait une erreur, ça peut être fatal». Et, Chantal Belle-Isle d’ajouter qu’il «est rigoureux et ne cherche pas les honneurs. Cet honneur est la dernière d’une longue liste de reconnaissances qu’il a reçues au cours des dernières années. Il est reconnu à travers le Canada pour son travail. C’était plus que mérité».

L’armée canadienne dit du sergent Yves Desfossés qu’il «a été l’épine dorsale des opérations de sécurité aérienne et a joué un rôle essentiel dans le bon fonctionnement du bureau de la sécurité des vols».

Le sergent Desfossés est tout aussi discret quand on lui pose des questions sur ses quatre missions en Bosnie et au Sinaï. «On va en mission, on a un travail à faire et on revient chez nous.»

Chez nous, c’est là où est sa conjointe Chantal Belle-Isle, elle aussi originaire de Nicolet. Ils sont ensemble depuis près de 40 ans. Ils ont tous les deux encore beaucoup de famille dans la région. M. Desfossés est l’un des huit enfants de la famille. Ensemble, ils élèvent aussi des chiens et participent à des compétitions canines. Une activité qui rend les déplacements vers Nicolet difficiles.

La retraite approche pour M. Desfossés. L’armée canadienne force ses effectifs à prendre une retraite à l’âge de 60 ans. «Il me reste deux ans à faire. Je ne peux pas rester assis pendant trop longtemps. Dans le civil, je vais faire quelque chose de monotone.»

(Parution originale: Le Courrier Sud)

Boris Chassagne, Initiative de journalisme local, La Voix du Sud